Affichage des articles dont le libellé est Gabon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Gabon. Afficher tous les articles

mercredi 1 mai 2024

Tita Nzebi sur la scène lyonnaise le 4 mai

 


Tita Nzebi est désormais devenue une référence de la musique gabonaise à part entière. Il faut cependant rappeler que sa musique parle à tout le monde, ses concerts sont de véritables fêtes et c'est à Lyon que la chanteuse de 'Ileba' pose ses bagages ce 4 mai. Comme en témoignent d'ailleurs les nombreuses affiches dans la ville de Lyon. Ce sera au Théâtre de l'Acte 2, à 20h45.







samedi 18 mai 2019

Entretien avec la Gabonaise de Chatou : TITA NZEBI

La chanteuse gabonaise Tita Nzebi laisse peu de gens indifférents par sa prestance sur scène et ses prises de position. C'est suffisamment rare dans le monde culturel contemporain pour le souligner, notamment quand il s'agit d'une chanteuse africaine. Nous l'avons rencontrée dans son bel appartement cossu à Chatou en région parisienne. 




Comment vous sentez-vous après  le spectacle que vous avez donné le 6 avril au Café de la Danse ?  

Je me sens  bien. Soulagée du résultat obtenu et prête à affronter de nouveaux défis.

Oui d'ailleurs on raconte que vous revenez sur scène à Paris à la rentrée ?

Le 19 octobre je donne un spectacle intitulé 'Au gré des cordes' que je trouve déjà très beau avec un guitariste que j'apprécie beaucoup, Sec Bidens à l' Espace Sorano à Vincennes. J'avoue que J'aurais aimé être dans la salle pour voir ce spectacle. 

Est-ce que vous allez refaire ce spectacle 'From Kolkata' à Paris ou ailleurs ?

Non je ne pense pas. C'est un peu comme 'Une Aurore se lève', 'Clair de Lune'. Le récital pourrait être refait mais les autres ne le seront plus jamais.

Mais vous allez chanter des titres de votre album 'From Kolkata' ici et là ?

Oui tout à fait, partout où j'irai je les chanterai. Mais le show du 6 avril, il fallait être au Café de la Danse pour le voir.

Quelles sont les similitudes pour vous entre l'Inde et le Gabon ?

Similitude humaine. C'est banal mais important de le dire. On n'est pas si différents les uns des autres. C'est le genre de banalité qui mérite d'être répétée encore et encore. J'ai vu des choses dans les zones rurales en Inde que je voyais dans mon village à moi. Il y a les plantations, les maisons sont construites avec des matériaux locaux, bon ils sont un peu plus nombreux que les gabonais, c'est la grosse différence.

Vous pensez retourner en Inde ?

Je pense que je vais retourner en Inde, les gens y sont ravis par ce que je leur propose artistiquement. Je sais que  certaines personnes travaillent  actuellement pour me faire revenir. 

Avez-vous conscience que pour les Indiens, vous êtes au même niveau que Youssou N'Dour ou Salif Keita ?

Oui. parce que j'ai vu ce qui  été écrit par les gros médias en Inde. Les indiens me mettent à un niveau très haut, j'en ai conscience, je voyais comment après les concerts les gens voulaient me toucher. J'ai fait un concert dans une zone rurale, après arrive un monsieur bengali ne parlant pas un mot d'anglais, il est venu me voir et voulait absolument me parler, il me parlait en bengali, je ne comprenais pas mais il fallait qu'il me parle tellement il était ému par le spectacle. 

Du coup, quand on est accueilli comme une star en Inde, quand on est écoutée au Gabon, peut-être à la sauvette au vu des circonstances actuelles, avez-vous besoin de la France pour faire carrière ?

Oui. Parce que  la France c'est chez moi. J'ai commencé à bâtir cette carrière devant un public français. Les indiens , les gabonais me découvrent après les Français. C'est vrai qu'en France je n'ai pas encore la couverture médiatique que j'ai eue en Inde mais c'est sans doute lié au fait que les journalistes voient tellement passer d'artistes  africains qu'il leur est difficile de parler de tous. Mais la France reste  mon point de départ. Indéniablement. 

Et nous avons vu que vous allez chanter en Suisse bientôt

Oui. C'est LE festival où beaucoup d'artiste aimeraient se produire, ce sera le 6 juin à Winterthur, pour l'Afro-Pfingsten Festival puis le 9 juin au festival Monde de Couleurs  à Porrentruy, un autre grand festival. Je reviendrais en France pour le festival Samafrica dans le Gers en septembre. Ce sera un honneur pour moi d'en faire l'ouverture.

Donc un agenda plutôt rempli ?

Très bien rempli, ça me tombe dessus !

On sent en tout cas qu'ici, en France, votre carrière a une nouvelle aura...

Je le sens aussi, sincèrement, sans prétention aucune, je sens que je suis définitivement passée à une autre étape. Evidemment il y a encore du travail, on ne s'arrête jamais. Mais clairement je suis passée à une autre étape  de ma carrière.

Et quand vous ne chantez pas, vous vivez recluse à Chatou ?

Absolument (rires). Je vis recluse à Chatou. J'aime le calme de Chatou, de mon appartement, j'aime le fait de ne pas être loin de la station RER, je ne conduis pas donc c'est pratique. 

Depuis combien de temps vous n'êtes pas retournée au Gabon ?

Depuis 2012, je crois.  Un an après le décès de mon père. Pour une cérémonie de souvenir. Mon père était important pour beaucoup de gens. Et depuis je ne suis pas retournée.

Qu'est-ce que votre père aurait pensé de votre  carrière ?

Je pense qu'il aurait été très fier de moi? Il aurait été triste de ne plus me voir au Gabon car pour le moment je ne peux pas y aller, j'ai choisi de ne plus y aller, tant que la dictature a les moyens de s'accrocher, car elle est soutenue par  la France, le FMI, l'ONU, l'Agence Française de Développement, par Macron, Le Drian, par le silence actuel de l'UE, de l'Union Africaine. Cette dictature a des soutiens énormes sur la scène internationale. Je suis ravie de constater que beaucoup de gabonais sont clairement déterminés à résister. C'est dommage que nous soyons si seuls. Imaginez que malgré les meurtres, la CPI n'a pas mené d'enquête ! La résistance sera longue. Si mon père était encore en vie il aurait été fier et triste mais qui sait je l'aurai peut-être fait venir en France pour me voir.

Vous avez reçu de près ou de loin des sortes d'intimidations par rapport à vos actions flamboyantes ?  

Pas tout à fait... des gens m'ont dit par exemple 'il faut que tu arrêtes, c'est dangereux'. Ce n'est pas forcément conscient. J'ai eu le courage de dire à ma mère que je n'arrêterai pas de chanter ce que je chante : je dis la même chose aux autres. J'ai la chance de me produire sur des scènes en France, j'ai une vie confortable, je parle, je ne vais pas arrêter de parler...Je suis désolé maman (rires)

Et heureusement vous n'êtes pas tout à fait seule en tant qu'artiste gabonaise à avoir pris position contre la dictature,  peut-on parler d'un courant artistique résistant ? 

Oui, clairement. Déjà Pierre Claver Akendengué a été le premier. Je le cite. Je vais citer le groupe de rap Movaizhaleine, qui dénonce depuis longtemps les travers de la politique gabonaise. Leurs textes sont même étudiés dans les établissements gabonais. Je vais citer François Ngwa, Jann Halexander, Chyc Polhit, Nanda, des artistes que je connais moi. Il y a le chanteur Koba aussi. Il y a  des artistes clairement opposés à la dictature gabonaise et qui continuent de résister que ce soit dans la diaspora et au Gabon même. 

Mais au fond, est-ce que vous résistez car vous n'avez pas peur de la mort ? 

Bon...ça ne sert à rien d'avoir peur de la mort, tout le monde y passera. On pourrait avoir peur d'une mort violente et c'est normal. Bongo père a fait assassiner l'amant de sa femme en France et n'a jamais été inquiété, il a même eu le soutien des services secrets français et c'est de notoriété publique puisque RTL en a parlé. Le fait d'être en France ne nous protège en rien. Mais avons nous le choix ? Cette dictature perdure du fait de nos silences. 


Croyez-vous qu'on peut faire une longue carrière, sachant que vous chantez depuis 2006, sans se renier ? 

Oui. Je pense que c'est possible. C'est une question de choix personnel. L'histoire le dira. Mais je pense que c'est possible de faire une longue carrière sans se renier, exemple Miriam Makeba. Elle a passé trente ans en exil. Elle est morte sur scène en Italie. Elle est allée chanter pour soutenir un italien menacé pour ses prises de position contre la Mafia. Toute sa carrière fut sous le sceau de l'engagement. Je prends l'exemple de Pierre Claver Akendengué qui ne cesse de chanter contre toute forme de domination. Depuis longtemps. Est-ce que j'arriverais à faire comme lui ? On aura une réponse définitive dans trente ans.

Merci, Tita Nzebi, merci et bravo.

Merci beaucoup. 






mardi 5 février 2019

Tita Nzebi de retour la scène du Café de la Danse le 6 avril : Entretien

Le 6 avril, la chanteuse gabonaise Tita Nzebi remonte pour la troisième fois sur la scène du Café de la Danse. Elle y défend son nouvel album 'From Kolkata'


Bonjour Tita Nzebi, certains disent que vous êtes un peu dans la lignée d'une Myriam Makeba ou d'une Angélique Kidjo, qu'en pensez-vous ?

Je pense que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre le niveau de ces grandes dames en termes de notoriété et de carrière. Mais c’est un honneur d’être classée dans cette lignée-là. Cela prouve que mon travail a un certain potentiel.



Qu'est-ce que cela signifie de monter sur une scène pour vous en 2019 ?

Monter sur scène en 2019, au Café de la danse, alors que j’ai commencé en 2006 dans les cafés et bars parisiens, signifie pour moi, qu’entre mes débuts et maintenant j’ai franchi énormément d’étapes. Je suis particulièrement fière de tout ce chemin parcouru car c’est le fruit d’efforts personnels. J’ai décidé de tracer ma route et sur celle-ci j’ai croisé toutes les personnes qui m’accompagnent dans ce projet.

Ce 3e concert au Café de la danse, pour la sortie de mon 2e album est un bel accomplissement. J’espère qu’il sera beau et qu’il ne sera pas le dernier. 

Votre discographie s'étoffe. Imaginez que vous devez partir sur une île déserte avec une seule chanson, ce serait laquelle ?

Aujourd’hui, le titre qui me vient en tête pour répondre à cette question c’est Bol'a ngu, le premier titre sur mon précédent album Métiani.







vendredi 6 juillet 2018

Tita Nzebi en concert au Brin de Zinc le 5 octobre prochain !



C'est le 5 octobre prochain au Brin de Zinc, à Barberaz, pas loin de Chambery que la chanteuse gabonaise Tita Nzebi démarre la rentrée. Grande dame de la musique gabonaise, indiscutablement, elle sera accompagnée de ses musiciens, dont le talentueux guitariste chanteur béninois Serge Ananou. 


jeudi 22 février 2018

Retour de Tita Nzebi sur scène : le 10 mars à LaClef St-Germain




Elle avait illuminé la scène du Café de la Danse le 3 février dernier à Paris. Certain(e)s la trouvent trop rare sur les scènes. Alors raison de plus pour aller voir Tita Nzebi en concert le 10 mars prochain, à LaClef StGermain, à Saint-Germain-en-Laye, dans le cadre d'un co-plateau avec Dobet Gnahore. Autant dire un beau moment de spectacle à venir. Et surtout ne pas rater. 

http://www.laclef.asso.fr/

samedi 23 décembre 2017

#Evénement : CLAIR DE LUNE 3 février 2018 au Café de la Danse, avec Tita Nzebi, Serge Ananou, Alphonse Tierou

Nous vous souhaitons de joyeuses fêtes de fin d'année. L'année 2018 s'annonce riche en événements culturels. Parmi ces événements, un concert à ne pas rater : 'Clair de Lune' au Café de la Danse, à Paris, qui réunit la chanteuse gabonaise Tita Nzebi, le chanteur béninois Serge Ananou et le chorégraphe ivoirien Alphonse Tierou pour un spectacle complet, où chant et danse seront à l'honneur. Réservations à la fnac, sur fnac.com ou encore Digitick. 




mercredi 8 novembre 2017

Jearian Ondo en première partie de Gasandji le 10 novembre, Pan Piper

Partout où il chante, sa voix marque les gens et son style musical quasi-mystique aussi...le gabonais Jearian Ondo assure la première partie de Gasandji le 10 novembre au Pan Piper, Paris, 20h.



lundi 2 octobre 2017

Entretien avec la chanteuse Tita Nzebi : la scène, la musique, l'Afrique...

Le 3 février 2018, la talentueuse chanteuse Tita Nzebi, originaire du Gabon, retrouve la scène du Café de la Danse, partageant la scène avec Alphonse Tiérou et Serge Ananou. Nous ne saurions cacher notre impatience ! La chanteuse a accepté de répondre à nos questions et c'est avec joie que nous nous en faisons ici l'écho. 




Tita Nzebi, vous allez retrouver la scène du Café de la Danse, dans quel état d’esprit êtes-vous ? 

Je suis dans même état d’esprit que pour tous mes autres concerts. Un mélange de peur et d’impatience. La peur de rater la préparation de cette scène, de mal la faire et impatience parce que c’est toujours un plaisir et un honneur d’échanger avec le public à ces occasions-là. 


Vous êtes très attachée à la mise en valeur de votre héritage culturel, que signifie pour vous en 2017 la musique gabonaise et plus largement la musique africaine ? 

Je ne me suis jamais posée la question de savoir ce que signifie la musique gabonaise ou africaine pour moi. Pourrait-on d’ailleurs donner une définition à une musique quelle qu’elle soit ? Personnellement je l’ignore. En revanche, je me pose parfois la question de la perception que nous avons tous de la musique gabonaise et africaine. 
Pour les peuples colonisés que nous avons été, que nous sommes peut-être toujours, il y a eu, il y a peut-être encore, une sorte de complexe quant aux musiques de chez nous. Quant à ce que nous sommes même. Par conséquent, faire le type de musique que je fais n’a pas été une décision facile à prendre car cela voulait dire oser se présenter aux autres, dans mon pays ou ailleurs avec un héritage culturel à priori sans importance et sans valeur.
De bonne foi, des compatriotes m’ont conseillée de ne pas m’engager dans cette voie parce qu’elle leur paraissait sans issue. D’abord parce que je chante dans une langue que peu de gens comprennent sur des rythmes pas toujours évidents pour tout le monde puis, commercialement on ne peut pas dire que ce soit le genre de musique que les gens achètent le plus. 
En outre, il y a encore des gens qui se représentent l’Afrique comme un lieu où tout le monde se ressemble, où tout le monde a la même culture. D’ailleurs sans aucune méchanceté ou mépris, des gens affirment que je chante en africain or cette langue, au même titre que l’européen, l’asiatique, l’océanien, n’existe nulle part. On ne fera jamais remarquer à un Polonais qu’il s’exprime en européen mais dans le cas de l’Afrique ce genre de remarques sont encore courantes et banales. Dans le même ordre d’idée il y a des gens qui écoutent les musiques africaines les plus populaires ou celles qu’elles connaissent. Lorsqu’elles rencontrent un artiste africain qui fait une musique qu’elles ne connaissent pas vous disent très clairement que vous ne faites pas de la musique africaine car pour elles cette musique se limite à celle qu’elles connaissent. J’ai été confrontée à ce problème deux fois. 
Pour toutes ces raisons, je pense qu’il y a encore un travail à faire pour faire évoluer les idées que beaucoup ont de l’Afrique et la valeur de ses cultures. Et ce, en Afrique ou ailleurs. 

                                                                                            Tita Nzebi par Pierre Orcel, 21/01/2017, Café de la Danse, Paris


Vous allez proposer un spectacle complet notamment avec la présence du chorégraphe ivoirien Alphonse Tiérou. Peut-on dire de vous que vous êtes une bête de scène ? 

Il y a tellement d’artistes qui, par leur expérience, leur talent et les moyens mis à leur disposition font des choses époustouflantes sur scène que ça serait prétentieux et malhonnête de ma part d’affirmer être une bête de scène. J’ai encore un long chemin à parcours avant d’en devenir une pas sûre que j’y arrive d’ailleurs. 
Mais que l’on soit une bête de scène ou pas, le live est le moyen pour toute sorte d’artistes de faire découvrir leur travail au public. Pour ma part c’est un le moyen que je préfère. 


La présence d’Alphonse Tiérou sur cette affiche n’est pas due à une volonté de ma part de me présenter comme une bête de scène. C’est un Monsieur pour lequel j’ai beaucoup de respect. Ses travaux de recherches sur la danse africaine sont connus dans certains milieu universitaire et par une certaine presse. Il a conçu un alphabet de la danse africaine et une méthode d’apprentissage de la danse africaine. Le 3 février j’aurai donc l’honneur de partager une scène avec une pointure. 
Sur cette affiche vous avez aussi Serge Ananou, un chanteur guitariste originaire du Bénin. Il a sorti son premier album il n’y a pas si longtemps. Pour l’avoir vu sur scène plusieurs fois je ne peux que conseiller à vos lecteurs de venir le découvrir le 3 février 2018. 
Le Café de la danse est une belle scène sur laquelle vous pourrez découvrir de beaux artistes le 3 février 2018 et cette affirmation n’est ni prétentieuse ni malhonnête. 
Nous vous espérons donc nombreux. 


vendredi 5 mai 2017

TITA NZEBI EN CONCERT A VICHY 5 MAI ET NANTES 6 MAI

L'aventure musicale, l'éveil des sens et des consciences avec la chanteuse gabonaise Tita Nzebi continue, pour le plus grand plaisir du public, ne la ratez pas quand elle passe par chez vous !



19H - Musée des Arts d’Afrique et d’Asie – 16 ave. Thermale – 03200 Vichy – 04 70 97 76 40 

20h30 - TNT Théâtre - 11 Allée de la Maison Rouge 44 000 Nantes 




vendredi 3 février 2017

A la rencontre de Tita Nzebi après le spectacle 'Une Aurore se Lève' au Café de la Danse le 21/01/2017


© Pierre Orcel 
 © Pierre Orcel 
© Pierre Orcel 


1/ Bonjour Tita Nzebi, merci de nous accorder cet entretien : Vous avez chanté au Café de la Danse dans le cadre du spectacle pour le Gabon ‘Une Aurore se Lève’ le 21 janvier dernier. Les retours sont d’ores et déjà nombreux, au sujet de cette date annoncée comme historique. Comment vous sentez-vous après cette date ? 

Bonjour Christian. Avant de répondre à votre question permettez-moi de vous remercier à mon tour car vous me donnez l’occasion de rencontrer vos abonnés. C’est un honneur. 

Comment je me sens après cette date ? Honorée et émue par le nombre important des spectateurs qui sont venus nous voir et par l’atmosphère qui se dégageait de cette salle. Quelque chose de prenant, d’incroyable. Incroyable d’abord parce que nous n’avions que 2 mois à peu près pour organiser ce concert. On ne peut pas dire que nous, artistes qui étions sur cette affiche soyons extrêmement connus en France. Pour ces raisons, c’était déjà téméraire de s’attaquer à cette salle. D’autre part ce concert avait une connotation politique clairement affichée (même si au mot politique je préfère le mot citoyen). Cet engagement politique et/ou citoyen aurait pu être un frein vis-à-vis de certaines personnes physiques ou morales ; peut-être que ça l’a été mais d’autres sont venues et elles étaient nombreuses. Enfin, le Gabon, pays pour lequel ce concert a été organisé n’est pas le pays le plus connu d’Afrique et peu de gens connaissent la situation difficile qu’il traverse aujourd’hui. 
Ce sont là des éléments qui auraient pu faire de ce concert un échec mais il a été un succès bien au-delà de ce que nous espérions. Pour cela je voudrais encore remercier tous ceux qui, par leur présence, ont fait de ce Café de la danse une réussite. 

2/ Croyez-vous que la culture peut faire avancer les choses, peut, parlons clairement, participer à l’effondrement d’une dictature, même inavouée (pour paraphraser votre chanson) 

Définitivement oui. C’est d’ailleurs pour cette raison que beaucoup d’acteurs culturels ont de tout temps été victimes de la censure et autres harcèlements des pouvoirs qu’ils dérangeaient. La culture a indéniablement un pouvoir immense même si, pour ce qui est de la musique, beaucoup pensent qu’elle n’est là que pour divertir ce qui n’est pas vrai. Même dans nos sociétés traditionnelles la musique a un rôle social reconnu. On ne chante pas, on n’utilise pas les tam-tams uniquement pour danser ou faire danser mais aussi pour accompagner et soutenir les efforts physiques dans les travaux champêtres par exemple, pour annoncer un décès et accompagner une dépouille, célébrer la naissance des jumeaux, louer Dieu, les Dieux ou les esprits etc. ET à chacun de ces moments correspondent souvent des répertoires bien particuliers. Chez les Nzebi (le peuple dont je suis issue) vous ne pouvez pas chanter une chanson dédiée à la naissance et la célébration des jumeaux dans une circoncision, par exemple, et vice versa. 
Oui la culture peut participer à l’effondrement des dictatures comme elle participe à la construction des sociétés et des identités. 

3/ Quels sont vos projets ?

Par rapport à mon pays d’origine j’entends bien continuer à participer aux actions menées par la diaspora Gabonaise de France, notamment en région parisienne, mon lieu de résidence. Il s’agit principalement des marches qui partent de la place du Trocadéro à l’ambassade du Gabon au 26 bis avenue Raphaël dans le 16e arrondissement de Paris. Ces marches ont lieu tous les samedis depuis début septembre. Il s’agit aussi de différentes conférences qui sont organisées un peu partout en France par des Gabonais en vue d’informer le plus grand nombre sur le déni du droit des Gabonais à disposer d’eux-mêmes et sur les nombreuses violations des droits de l’Homme actuellement en cours au Gabon. Avec François N’Gwa, Jann Halexander, Chyc Polhit et Jearian nous envisageons un autre concert ‘Une aurore se lève’ probablement au Café de la danse encore, nous y réfléchissons. 

Le parlement de l’Union Européenne a voté aujourd’hui, à une écrasante majorité une résolution qui remet clairement en cause la légitime du pouvoir actuellement en place au Gabon, dénonce les meurtres qui ont eu lieu après la proclamation des résultats douteux de la dernière élection présidentielle au Gabon et demande l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour faire la lumière sur ces assassinats. Cette résolution n’est certes pas contraignante mais c’est une belle victoire pour nous et cela nous encourage à rester mobilisés afin que notre pays sorte de l’impasse actuelle et que pour une fois, le Gabon soit dirigé par des personnes choisies par les Gabonais et non par ceux qui s’imposent ; c’est le cas depuis trop longtemps. 

Je profite donc de cette tribune pour remercier les députés Européens pour ce vote, remercier aussi tous ces Gabonais exceptionnels qui sont mobilisés à travers le monde depuis des mois pour notre pays. Cette victoire est aussi la leur, certainement même. 

A titre personnel j’ai des concerts prévus en France à partir du mois de mars, le détail des dates et des lieux sera communiqué bientôt. Je dois aussi me rendre à Calcutta pendant une dizaine de jours pour un festival. 

Voilà ce que je peux dire pour l’instant à propos de mes projets, en vous remerciant pour la tribune que vous m’avez offerte.


Merci !

C. de Montagu


de gauche à droite : Jearian, Tita Nzebi, Jann Halexander, François Ngwa, La Rotonde, 01/02/2017





mercredi 21 décembre 2016

Tita Nzebi : Dictature inavouée



Dictature inavouée
1/ Gabon, dictature inavouée
Où la liberté est bien emprisonnée
Les dirigeants parlent juste pour s’entendre parler
Il nous faut la paix, arrêtez donc de crier

Besse l’mo wè kèngu’lè

2/ De Bongo à Bongo
Cinquante ans de Bongo
De richesse à gogo
Petit pays en paix
Mais nos vies sacrifiées
Et nos classes saturées
Nos routes éventrées
Pour un pays en paix

3/ Gabon, dictature inassouvie
Où la loi s’applique en fonction de qui
Des faussaires hissés, des faussaires soumis
Il nous faut l’Etat sans citoyens avertis

4/ De Bikondom à Ndindi
Ozori, Aboumi
Pour ce Gabon béni
Nous crierons liberté
Du fond de nos cachots
Du tombeau des héros
De nos voix de prolos
Sortira liberté

Paroles / Musique : Tita Nzebi

production : Label Bibaka

samedi 3 décembre 2016

Gabon : ''Une Aurore se Lève' au Café de la Danse (Paris) - 21 Janvier 2017

Gabon : ''Une Aurore se Lève' au Café de la Danse (Paris) - 21 Janvier 2017



« L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme » – André Malraux 

Il y a encore des peuples à qui l’on nie le droit de disposer d’eux-mêmes. Le peuple gabonais en fait partie mais peu le savent, peu en ont conscience. Pour informer sur la situation actuelle de leur pays, 5 artistes gabonais seront au Café de la danse à Paris, le 21 janvier.

François N’Gwa
Né à Port Gentil au Gabon, plongé très tôt dans l’univers de la musique, François N’Gwa revendique dès l’origine une double influence artistique : Les rythmes anglo-saxons et la pure tradition de la musique africaine, en particulier gabonaise. Ses premières compositions témoignent déjà de la richesse née de cette fusion entre les deux genres musicaux.

Jann Halexander
« On ne construit pas une œuvre avec de bons sentiments » disait-il à un journaliste de France 3 il y a quelques années. Jann Halexander a choisi un parcours artistique inclassable, un répertoire de chansons provocantes, émouvantes, parfois drôles : « à table », « aucune importance », « Papa Mum ».

Tita Nzebi
C’est un petit bout de femme, à la voix étonnement puissante. Elle a une extraordinaire présence sur scène et on a l’impression de la connaître depuis toujours. Il y a ainsi parfois des rencontres magiques, avec des personnes qui rayonnent de quelque chose d’extraordinaire. Tita est de celles-là.

JeaRian
Chantant principalement en langue fang, JeaRian a un univers qui se veut être une rencontre de cultures. Influencé par les musiques africaines et la musique country, il choisit de définir sa musique par un mot qui désigne, non pas un style musical, mais l’intention qui l’anime : ékaza-folk (ékaza : le pont, la passerelle).

Chyc Polhit
« Je conte pour changer le monde »


Le silence du monde est une aubaine pour toute dictature. Dénoncer une dictature de quelque façon que ce soit c’est déjà l’affaiblir et ainsi contribuer à libérer un peuple. Nous espérons que 500 personnes éprises de liberté se joindront à nous de donner un éclat particulier à ce concert.


Une soirée présentée par BIBAKA. 

21 janvier 2017
Café de la Danse
Paris
19h
Réservations : Fnac / Digitick

vendredi 2 septembre 2016

Extrait avec le recul, quasi prophétique...du roman 'Notre frère et ami le Caméléon' de l'écrivain Léonard Makosso-Akendengué.

Extrait avec le recul, quasi prophétique...du roman 'Notre frère et ami le Caméléon' de l'écrivain Léonard Makosso-Akendengué.

'Maître Gédéon, c'est tout de même incroyable. Avant le procès, grands et petits rentraient en palabres mais chacun faisait de gros efforts pour que la palabre ne se transforme pas en guerre civile. que s'est-il passé ?'

L'histoire d'un carnage à l'issue d'une parodie de procès dans un royaume africain...récit où l'humour et la mort se mêlent. Sentiment de tristesse, d'amertume devant l'égo humain.

Myster Ezin : « Paris attendra », lettre d’amour et de résistance

Nous avions déjà salué le travail de Myster Ezin, cet artiste béninois aux multiples facettes – slameur, musicien et docteur en musicologie ...