Affichage des articles dont le libellé est lecture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est lecture. Afficher tous les articles

mardi 21 octobre 2025

La playlist musicale de l'écrivain Célestin Diabangouaya, auteur du roman 'Les Tontons frimeurs de Brazzaville'

 Ce mercredi sort le nouveau roman de l'écrivain encore trop méconnu Célestin Diabangouaya. 'Les Tontons frimeurs de Brazzaville', un roman étonnant, flamboyant sur la diaspora congolaise, ses rites qui ne cessent nous surprendre. En le lisant, on 'entend' la musique au gré des pages. 

Et justement de musique, il en est question, l'écrivain nous confie quelle est sa playlist du moment.


En ce moment j'écoute beaucoup de choses, cela dépend si je travaille ou pas. Quand je suis à mon bureau, je suis beaucoup avec Ludovico Einaudi, toute sa playlist, il y a l'album Una mattina, sur spotify. Quand je mets des chansons avec les paroles, cela me distrait. Là au moins c'est juste du piano, du post-classique, cela me suffit.




Quand je fais du travail plus 'léger', je fabrique une playlist de morceaux favoris. J'écoute un peu de rap de Lil Wayne, Mirror, qui m'inspire beaucoup, le clip qui accompagne cette chanson est vraiment génial.




Dans le rap un peu plus vieux, il y a Scarface, notamment Hand of the dead body. Je me reconnais dans le combat de la communauté afro-américaine. On a un dicton au Congo qui dit 'quand t'es mort, t'a plus peur de pourrir'. Je ne sais pas trop pourquoi j'associe cette chanson à ce dicton.



J'ai redécouvert un petit peu les classiques africains. J'écoute beaucoup Madilu System, avec la chanson Ya Jean, que j'écoute en boucle. Grand frère Jean en lingala. Ya est l'abréviation de Yaya, qui veut dire grand frère. Dans beaucoup de chansons de Madilu System, il est question de cette Afrique un peu perdue dans la religion, trop présente. Pour Madilu Systerm, c'est une fausse foi, un peu tordue, qui a court-circuité le développement africain...je suis né d'une famille très croyante, très protestante, et je trouve que mes contemporains utilisent la religion comme prétexte pour ne rien faire. Avec cette expression : Dieu va faire grâce. Non : Dieu va faire grâce si tu te bouges ! Je suis sur la même ligne que Calixte Beyala qui explique que la religion porte atteinte au développement africain. Les églises du réveil qui pullulent partout avec de faux pasteurs mais de vrais escrocs sont un vrai problème.




J'écoute aussi une artiste qui travaille avec Koffi Oloumide, elle s'appelle Cindy Lecoeur, notamment sa chanson Université, un chef d'oeuvre. Avec la bénédiction de Koffi, un personnage compliqué à saisir, mais il produit des choses intéressantes à écouter.



Franco de TPOK Jazz, il chante vraiment, c'est les années 70/80. C'est sur ses chansons que j'apprends à redanser la rumba avec Madame. Ce ne sont pas des chansons politiques, mais ça me permet de me replonger dans la sociologie des familles africaines. Franco sait tous les petits problèmes qu'il y a dans les familles, les foyers, les familles polygames, c'est une matière pour moi. Franco le fait très bien. A l'époque je snobais un peu tout ça, j'avais autre chose à faire, et comme j'étais marxiste et que Franco était écouté par les hommes politiques qui ruinaient le pays, je n'aimais pas mais c'est quand j'ai quitté le Congo que j'ai réalisé la valeur sociologique de ces chansons.


J'écoute Dire Straits, dont 'Brother in Arms'. Peut-être car je suis saturé par la guerre. J'entends trop parler de guerre autour de moi. .

Et puis j'écoute Radio Classique, qui invite des économistes, des sociologues mais pas d'hommes politiques, cela nous évite les éléments de langage. 



Ah et surtout, celui que j'écoute tout le temps depuis 1980. J'écoute Bob Dylan. A mes étudiants, je leur disais Bob Dylan should be your teacher too. Il occupe 75 pour cent de ma discothèque ! Il dit que ses chansons ne sont pas militantes. Et pourtant il a une capacité de disséquer la nature humaine qui est vraiment phénoménale comme la description de l'assassinat de JFK. Ses chansons ne vieillissent pas. Ses chansons sont d'une grande efficacité. Sans jamais dire qu'il fait de la politique. C'est mon compagnon de route, quelque soit la chanson.




La musique classique je l'ai découverte grâce à ma foi. La musique sacrée d'abord, Haendel jusqu'aux Requiem de Fauré.

Le premier livre que j'ai essayé d'écrire, c'était des notes compilées depuis mon séjour au Gabon, j'avais mis énormément de titres de musiques et ça faisait des notes de bas de pages. Ma femme Patricia m'a dit de mettre moins de références musicales. Le roman Les Tontons Frimeurs, évidemment, quand je l'ai écrit, il y avait de la musique en fond, je ne peux pas écrire sans musique. C'est ce qui explique pourquoi le lecteur a l'impression d'entendre de la musique tout en me lisant.





Les Tontons Frimeurs de Brazzaville, disponible sur Amazon.



mercredi 31 décembre 2014

Littérature : 'Les paysages intérieurs' d'Anne-Cécile Makosso-Akendengué, écriture de femme, femme d'écriture...


Littérature :
 'Les paysages intérieurs' d'Anne-Cécile Makosso-Akendengué, écriture de femme, femme d'écriture...[par F.CARNAVAN]

Pardonnez-moi si je vous dis que j'ai souvent trouvé qu'il y avait une écriture féminine et une écriture masculine. Ce n'est sans doute pas politiquement correcte de dire cela mais c'est ce que je ressens. C'est profondément subjectif. Certains romans écrits par une femme tombent sous le sens pour moi. Je me dis 'jamais un homme n'aurait pu écrire de cette façon'. Il plane sur les œuvres des écrivaines -c'est le mot- une sorte de troublante légèreté qui m'a toujours fasciné. Non, pas la légèreté superficielle, plutôt une forme de détachement troublant qui donne un côté aigre-doux aux histoires. Les moments les plus graves, par exemple, les plus durs, les plus violents, sont comme apaisés par une forme de distance, de détachement, que je n'ai pas souvent constatés dans les œuvres écrites par les hommes.

La lecture des 'Paysages intérieurs' d'Anne-Cécile Makosso-Akendengué, recueil de nouvelles offert par un ami, voisin, n'a fait que confirmer mon ressenti. Ce sont quinze nouvelles magnifiques sur la notion de résilience. Comment fait-on quand on est au bout du rouleau, comment fait-on pour accepter les aspects monotones, crus, durs de la réalité ? Comment fait-on pour digérer un passé qui passe mal ou carrément s'inventer un passé ? Pourquoi le fait-on ?

Je ne compte plus le nombre de fois où je me suis arrêté, pensif, au milieu d'une nouvelle et j'ai réfléchi sur ma propre vie, ma famille, mes amis, mes amours, mes ratages, mes réussites. Sur le passé. Je n'ai pas souffert non plus pour les protagonistes, ni pour moi d'ailleurs. Parce qu'encore une fois il y a ce détachement, cette légèreté ambiante, trompeuse évidemment, mais qui fait son effet. Il y a un style Anne-Cécile Makosso-Akendengué, incontestablement, depuis son premier roman, décalé, 'Mathilde et son pianiste', en passant par son récit autobiographique sur ses années de femme française au Gabon, 'Ceci n'est pas l'Afrique'.





Voilà une écrivaine que vous aurez peu de chances de voir s'exprimer dans la Grande Librairie sur France 5. Bon, elle réside à Angers, dans l'ouest de la France, ne vit pas dans le Paris incontournable de la 'Culture'. Vous aurez peu de chances d'en entendre parler dans le Magazine Littéraire, Télérama ou encore Le Nouvel Obs. Elle n'est pas la seule dans ce cas, vous me direz, mais enfin, on peut le déplorer. Car elle publie régulièrement et a un public. Elle prouve avec sa nouvelle œuvre qu'elle est capable de passer du format roman au format nouvelles sans perdre son style, mélange de gravité, de nostalgie et d'humour aussi : la nouvelle 'Journal des poissons rouges' est une merveille du genre, je ne vous en dis pas plus ! La force de ce recueil est de présenter une variété de situations, parfois incongrues (la femme qui n'a arrive pas à dormir et réfléchit en pleine nuit, sur comment agencer une future maison alors qu'elle n'a pas du tout l'instinct propriétaire) parfois émouvantes (un dialogue mère-fille qui cache des non-dits).

Humour, émotion, nouvelles d'une femme qui écrit : d'une femme qui vit. D'une femme qui écrit sur la Vie. Sur nos Vies. A lire, relire, offrir, sans modération. Une belle façon de débuter l'année 2015.

F.Carnavan.

(je remercie ce blog d'héberger mon point de vue - photographies publiées avec l'aimable autorisation de J.H)

Biographie de l'auteur : Anne-Cécile Makosso-Akendengué est née à Longué dans le Maine-et-Loire. Elle est déjà l'auteur d'un roman intitulé Mathilde et son pianiste publié sous le nom de Frébeau, aux Editions Les 2encres ainsi que d'un livre de souvenirs, Ceci n'est pas l'Afrique aux Editions L'Harmattan. Elle est actuellement disquaire et a enseigné plusieurs années la philosophie au Gabon.




Paysages Intérieurs.
Broché, 134 pages, EDILIVRE, paru le 5 septembre 2014/ Collection Classique.

Points de vente :


Mais aussi sur ...







Extrait
'Paysages intérieurs'
Anne-Cécile Makosso-Akendengué
Ed.Edilivre
2014

C’est mon travail, actuellement, de téléphoner a
des inconnus, pour les convaincre du malheur des
autres. Les interlocuteurs, dont je ne vois pas plus le
visage qu’ils ne voient le mien, changent ; pas ce que
je dois leur dire, et surtout pas la manière dont je dois
leur parler. Formation oblige. Je dois être polie,
aimable, voire enjouée, tout ce que je n’ai pas envie
d’être. En plus, je leur pose des questions dont la
réponse m’indiffère profondément, en vraie
professionnelle.
On m’invente régulièrement des noms. Pas
Dupont ni Durand, mais ça pourrait, ça y ressemble
parfois. Pas franchement terroir, cependant aux
sonorités bien de chez nous, dit-on. Moi aussi, je suis
bien de chez nous, mais c’est quoi ≪ chez nous ≫ ?
Mon nom a une consonance assez exotique. Ma
couleur aussi, quoique…Il est arrive une fois qu’on
me demande si je ne revenais pas des sports d’hiver,
pour être bien bronzée comme ça ! Heureusement
que celle qui posait cette question le faisait sans
méchanceté, ça sautait aux yeux, sinon j’aurais pu
m’énerver. J’aurais dû ?
On ne me voit pas dans ce boulot, mais si quelque
chose transpirait de mon étrangeté ?

Pour bien débuter l'année 2015 toujours en lectures, par des femmes de talent, sur les suggestions des uns et des autres :

Marie Laberge, 'Revenir de loin' (Editions Martha)
Anne Sylvestre, 'Coquelicot et autres mots que j'aime' (Points)

Véronique Pestel, 'Cahier d'Apprendre' (La Guilde des Créateurs du Monde)





Mademoiselle Maya : le piquant de la Belle Époque, l'esprit d'aujourd'hui !

 Charlotte Grenat, comédienne et passionnée de chanson, crée sous nos yeux avec ce spectacle un bijou de boudoir dans son écrin précieux. To...