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dimanche 14 septembre 2025

La playlist spéciale de Jann Halexander

 S'il n'a pas prévu de tournée à la rentrée, Jann Halexander défend la réédition de ses  albums 'Ornithorynque' , 'Halexander Songs' (le tout premier, sorti en 2005), et sera sur scène pour une courte prestation à l'International Art Gallery le 16 septembre, à Paris. Il nous parle de sa playlist du moment.



'Plus personne à Paris' Anne Sylvestre

J'aime les grandes villes. J'ai été à Johannesburg, Tokyo, Francfort, Montréal, Londres...j'aime Paris, même si c'est une ville chère, dure. Et on peut se sentir seul à Paris, parfois. C'est pour ça que j'aime cette chanson d'Anne Sylvestre.




'Loin des grandes villes' Jean-Pierre Réginal

Jean-Pierre Réginal n'est vraiment pas très connu. C'est l'un des derniers représentants de cette chanson à l'ancienne qu'on appelle rive gauche de façon un peu méprisante. Ses chansons sont très bien arrangées, il a travaillé avec François Rauber l'arranger de Jacques Brel. 'Dans les grandes villes', c'est un bijou qui n'a rien à envier aux chansons de Brel ou d'Aznavour.



'Viens j't'appellerais plus' Claudio Zaretti

La meilleure façon d'écouter Claudio Zaretti, c'est en voiture sur la route pendant les vacances. C'est solaire et efficace. Il y a une chanson qu'il ne chante jamais sur scène et c'est l'une de mes préférées, je l'ai beaucoup écouté pendant le confinement, cette chanson date du début des années 80, c'est vraiment de la belle variété. Peut-être certains trouveront ça daté mais je m'en fous. 



'Que mon coeur lâche' Mylene Farmer

J'ai découvert Mylene Farmer, j'avais 15 ans, on m'avait prêté un album, le Live à Bercy 1996. Et cette version live de 'Que mon coeur lâche' était hypnotisante, un mélange de rock et de transe, c'était troublant, obsédant. En plus je ne comprenais pas tout. J'ai réécouté récemment cette version avec plaisir.



'Si beau' Vincent Delerm

Des fois j'ai eu des gens qui m'ont dit : comment ça se fait que Vincent Delerm qui chante à peine devant son piano soit beaucoup plus connu que toi ?  Je réponds que je n'en sais rien, que ce ne sont pas les mêmes parcours, les mêmes textes et que non je ne suis pas du tout jaloux de ce chanteur, il y a des pépites chez lui, dont la dernière chanson, 'Si Beau', sa façon de parler, la musique, l'atmosphère tellement parisienne. J'aime.



Sur Bandcamp





dimanche 18 mai 2014

Interview avec la chanteuse Pascale Locquin



Interview avec la chanteuse Pascale Locquin
Lundi 12 mai 2014, Paris.


Pascale Locquin a arpenté les cabarets de Paris et d'ailleurs en France dès 1985. En 1995 sortait son album 'Attention...pas...Sage !' Chanteuse de scène, au répertoire décalé, ciselé, évoquant aussi bien Colette Magny que Catherine Le Forestier, l'auteure de 'C'est tout lune' inaugurera en 2015 trente années de vie musicale, hors des sentiers battus. Echanges avec la chanteuse, ancienne handballeuse (encore maintenant, elle tient à son footing régulier), à l'approche de son concert au mythique cabaret Le Magique, le 24 mai.

***

Bonjour Pascale, il y a quelque chose qui me fascine dans ton parcours, comment passe t-on du sport à la chanson ?

Le sport et la chanson, c'est un peu lié. Quand j'étais adolescente, je me disais que je ferai du sport d'abord et que je chanterai après (rires). Depuis toute petite, j'aime chanter et j'aime le sport, c'est une école de la vie pour moi. J'ai toujours été quelqu'un de très physique. J'ai fait de l'athlétisme 800 mètres, j'ai été championne régionale d'espoir Champagnes-Ardennes. J'ai fait presque toutes mes études à Troyes. Au lycée, j'avais une guitare...

J'étais de 1979 à 1982 dans l'un des plus grands clubs de handball féminin. Gardien de but. A Troyes j'ai connu Jean-Marie Bigard, ailier de l'équipe Handball masculine, son frère Jean-Pierre était gardien de but. C'était une grande période, on faisait la fête, tout ça, le monde du sport est un peu protégé, c'est aussi une école de la Vie. Après Troyes, je suis partie à Paris jouer à l'ASPTT (Association Sportive des P.T.T).

A quel moment tu as quitté ce monde-là ?

33 ans. J'ai arrêté à 33 ans. La chanson, le sport, ce sont deux passions que je voulais mener à bien. J'ai commencé à chanter dans les restauants, les petites salles de spectacles.

Dans ton parcours, ta rencontre avec la chanteuse Catherine Le Forestier a été déterminante, semble t-il, tu lui a même dédié la chanson 'Femme pas très faux cils'...

Je suis allée voir Catherine Le Forestier à son spectacle, à Paris, c'était en 1984. Je suis allée la voir après, j'ai discuté avec elle. Cela m'a permis de faire le point, de savoir pourquoi je chante, comment on construit un spectacle, etc. Il faut dire qu'elle sortait des sentiers battues.

Et tu t'es vraiment lançée...

Oui, je me suis retrouvée dans pas mal de festivals, parfois sans m'y attendre. Par exemple le fameux festival d'Artigues, qui n'existe plus, mais qui était très important dans le milieu chanson...

Un peu comme le festival de Barjac maintenant ?

On peut le dire, oui. Le public pouvait être très dur. Moi j'y ai chanté. Il y avait Gilbert Lafaille dans le public. Les festivals, oui...c'est important...après si tu n'as pas de structure derrière toi, c'est difficile. Je suis toute seule avec ma guitare, mon téléphone, mon stylo. Je n'ai jamais eu de label.

Qu'est-ce que signifie chanter pour toi, justement ?

L'acte de chanter, c'est la transmission d'une émotion, à travers les notes, les musiques. C'est se mettre à nu. Un jeu narcissique, même quand on ne parle pas de soi directement. Faut être un peu égocentrique pour monter sur scène, je n'échappe pas à la règle. (rires).

Et l'inspiration, comment vient-elle ?

J'écris quand je sais que j'ai quelque chose à dire. Si j'ai rien à dire, je préfère me taire. Et quand j'écris, c'est pratiquement d'une seule traite.

Ton premier album est sorti en 1995...

Oui. Je me suis dit 'Pascale, si tu fais pas de disque avant 40 ans, t'arrêtes tout !' (rires). J'ai eu l'occasion de le faire. Le titre Attention pas...sage ! C'était un clin d'oeil à celles et ceux qui disaient que j'étais un pitre.

Dans ton répertoire, quelles sont les chansons qui, tu penses, marquent les gens ?

Femme pas très faux cils...C'est pas Christ. C'est tout lune. Oui, on peut dire que les gens qui viennent me voir en spectacle sont marqués par ces chansons.

Et toi, personnellement s'il y a une chanson que tu devais emmener sur une île déserte ?

Je les aime toutes. Je prendrais mon recueil.(rires) Dans mon répertoire, je dois avoir...300 chansons...sur scène, j'en ai déjà chantées les trois quart. Ce sont des chansons précieuses, des tranches de vie auxquelles je tiens.

Il y a une chose...plus intime, je dirais, dont je voulais un peu parler, tu es une femme qui aime les femmes, est-ce quelque chose que tu as abordé dans tes chansons ?

Oui. N'hosto ou tard. Chantée sur scène. Elle fait référence à une relation amoureuse entre deux femmes, une médecin et sa patiente.

Et justement, quel regard as-tu posé sur les manifestations contre le mariage pour tous ?

Je ne veux pas être cataloguée chanteuse homosexuelle, même si j'ai chantée dans des soirées homos. Je ne veux pas rester coincée là-dedans. Mais ceux qui défilent contre le mariage pour tous...c'est la haine, c'est...l'horreur...ces gens ne m'inspirent pas. Je n'ai pas envie de parler d'eux. Ce serait gaspiller de la salive. Il y a d'autres combats à mener.

Je comprends. Des combats...et des projets, côté projets, qu'envisages-tu ?

J'ai écrit un projet culturel et sportif, j'aimerais qu'il y ait quelque chose qui se passe. Je chante le 24 mai au Magique. J'espère enregistrer un disque bientôt.

Comment as-tu découvert le Magique ?

A l'occasion d'une soirée que donnait la chanteuse Nathalie Solence et le guitariste Claude Gaisne. Ils invitaient des artistes dans le cadre d'une scène ouverte. Marc Havet (n.b : chanteur et patron du Magique) m'a proposé de venir y chanter par la suite. Et maintenant depuis 3 ans, chaque année j'y chante.

Et ils seront nombreux, je le souhaite, le 24 mai à t'applaudir. Merci, Pascale Locquin pour cette interview.

Merci à toi.

***

Dehors il pleuvait, il ventait. Nous avons continué à papoter de choses plus informelles. Chanteuse qui écrit ses textes et ses musiques, Pascale Locquin aime l'humour, n'aime pas trop les voyages (si ce n'est les voyages intérieurs), mais apprécie la Bretagne, la région du Sud-Ouest. Elle aime la cuisine du terroir. Musicalement, elle peut être éclectique, adore Véronique Pestel, Anne Sylvestre, Catherine Le Forestier, apprécie beaucoup Maxime Le Forestier, Michèle Bernard, Catherine Lara, Serge Reggianni, Allain Leprest, Louis Capart, dans les jeunes générations, aime bien Agnès Bihl, Virginie Seghers, Jann Halexander, Indila.

Pascale Locquin, c'est une voix reconnaissable, inimitable et chacun de ses concerts sont l'assurance d'un beau moment de complicité, de chaleur, comme quand on retrouve une amie avec qui parler de tout, du temps qui passe, bref, de nos vies.

En concert le 24 mai, au Magique, 42 rue de Gergovie, 75 014 Paris. Métro Pernety, ligne 13. http://www.aumagique.com

En attendant le nouvel album, le premier album sera bientôt disponible sur toutes les plates-formes de téléchargement légal.

Chansons sur disque à ce jour :
C'est pas Christ
C'est tout lune
Duchesse y penser
Enterrons le H de guerre
Femme pas très faux cils
Les 3 grâces
Les sens de la vie
Medic'amant
Mediocre cite
Mouche à chaud
Naissance d'un cri
Temps regretemps



C.D.M


L'Ombre Leprest en 2014 [par le chanteur Jann Halexander]



L'Ombre Leprest en 2014 [par le chanteur Jann Halexander]


Que signifie Allain Leprest pour les générations actuelles de jeunes chanteurs, chanteuses qui 'errent' dans le métier ? J'ai le sentiment qu'il y a deux façons d'appréhender cet artiste : l'ignorer purement et simplement. Soit se pencher sur son parcours, sur sa pensée, son rapport au monde, aux gens, à la culture, à l'argent, au temps, au succès, au non-succès.

C'est important d'en parler car s'il y a un style Leprest – phrasé, choix des mots, posture scénique- il y a aussi une pensée Leprest. Pour en avoir discuté avec des collègues nés dans les années 80, comme moi, cette pensée nous a permis, permet encore de servir de balise, peut-être même de bouée. Il n'y avait rien d'héroïque dans son détachement par rapport au vacarme médiatique, aux injonctions de l'applaudimètre et autres bling-bling du show-biz. Il était ainsi, détaché de tout cela mais investi par ce qu'il chantait. Il n'aurait rien pu faire d'autre, même au fond d'un gouffre. Je ne sais pas si son répertoire est intemporel, et là n'est peut-être pas la question, peut-être que dans quelques années, on dira que ses chansons ont mal vieilli, c'est une possibilité. Mais il y a une ombre Leprest qui plane sur la chanson. Cette ombre n'est ni écrasante ni bienveillante, elle est là, tout simplement.

J'ai donné quelques cours de chant et je me suis retrouvé également dans une drôle de position face à des débutants qui voulaient des conseils sur comment devenir chanteur, que faire pour construire son chemin. Quand c'est comme ça, je leur dis de s'intéresser à Allain Leprest et Anne Sylvestre. Après peut-être il leur sera plus facile de savoir ce qu'ils veulent, ils choisiront leur 'camp' en connaissance de cause. Mais au moins qu'ils voient qu'il est tout à fait possible de durer à l'écart des top 50, des charts, des tapis rouges, des télés, de l'univers people. Libre à eux de préférer les paillettes, ce n'est certainement pas moi qui vais juger cette attitude.

Rien ne me parlait chez Allain Leprest pendant longtemps. J'ai failli passer à côté. Dans la communauté LGBT* dont je fais aussi partie, une communauté qui a sa propre culture, variée, jugée parfois hermétique, mais en tout cas identifiable, son nom ne parle pas à la plupart des gens qui aiment la chanson française. Guidoni, Barbara, oui, lui, non, rien. C'est un chanteur, point barre. Je suis incapable de m'identifier aux personnages de ses chansons, je n'arrive pas à saisir son désespoir écorché. Je l'ai vu sur scène, grâce à un ami qui a insisté. Qu'on aime ou pas, il se passait quelque chose, c'était troublant. J'ai vu un franc-tireur de la chanson. C'est ce qui m'a plu. Sa vie, flamboyante, est celle d'un franc-tireur, amoureux des mots, des notes, sources de transcendance.

Sa mort m'a fait un choc. Mais elle a aussi suscité plus que jamais en d'autres artistes et moi, le besoin, fou, réel, de non pas reprendre le flambeau, mais de montrer que crise, pas crise, médiatisation ou pas, succès ou échec, il était possible de continuer son chemin, faire sa route de chanteur. Il n'y a pas de mode d'emploi du bon chanteur, toutefois il y a des destinées qui doivent nous faire réfléchir, afin de mieux savourer le présent et avoir un peu moins peur de l'avenir. La destinée Leprest invite au détachement.



Auteur, compositeur, interprète, comédien réalisateur, Jann Halexander chante depuis 2003 en France, Belgique et en Allemagne. Né le 13 septembre 1982 à Libreville (Gabon), l’artiste franco-gabonais, pianiste, petit-neveu du chanteur gabonais folk Pierre Akendengué, compte quelque chansons-clés à son actif : 'A Table, 'Il est minuit Docteur Schweitzer', 'Aucune Importance'. Essentiellement artiste de scène – il a fêté ses 10 ans de carrière à l'Auguste Théâtre, Paris en 2013- il a sorti de nombreux albums et de films expérimentaux et ses œuvres chantées ou filmées sont cités dans des ouvrages universitaires. Son dernier album, 'Un bon chanteur est un chanteur mort' aborde la condition de l'artiste et évoque en filigrane la figure de Leprest, parmi d'autres artistes, méconnus et disparus trop tôt.



*LGBT : Lesbienne – Gay- Bisexuel(le) – Transexuel(le).

dimanche 30 mars 2014

Jann Halexander, lectures musicales 'Comme dans une chanson d'Anne Sylvestre', 15 mai, Paris








JANN HALEXANDER
Lectures musicales
'Comme dans une chanson d'Anne Sylvestre'

''Les Russes ne connaissent pas la chanteuse française Anne Sylvestre. Et ben ça tombe bien : moi non plus je ne la connaissais pas. Jusqu'à l'âge de 23 ans.''

Avec humour et poésie, le chanteur Jann Halexander évoque sa rencontre avec la chanteuse Anne Sylvestre à travers son œuvre, et évoque en parallèle son chemin de vie. L'artiste lira des passages de son dernier roman,' Comme dans une chanson d'Anne Sylvestre' et chantera des titres du répertoire de la chanteuse et de son répertoire personnel.

JANN HALEXANDER
JEUDI 15 MAI 2014
AU MAGIQUE
21 HEURES
42 rue de Gergovie 75014 Paris
Métro Pernety ligne 13
Entrée tarif plein : 12 euros
Entrée tarif billetreduc : 10 euros
http://www.billetreduc.com/


© Production Label T.H – http://jannhalexander.blogspot.fr/

jeudi 12 décembre 2013

Parution du livre 'Comme dans une chanson d'Anne Sylvestre'





Résumé

Les Russes ne connaissent pas la chanteuse française Anne Sylvestre. D’ailleurs moi non plus je ne la connaissais pas. Jusqu’à l’âge de 23 ans. Avec humour et poésie, le chanteur Jann Halexander évoque sa rencontre avec la chanteuse Anne Sylvestre à travers son œuvre, et évoque en parallèle son chemin de vie.

Auteur, compositeur, interprète, comédien réalisateur, Jann Halexander chante depuis 2003 en France, Belgique et en Allemagne. Né le 13 septembre 1982 à Libreville (Gabon), l’artiste franco-gabonais, pianiste, vit entre Angers et Paris.

Points de vente : Ebay, Priceminister, CD-LP-, Le Bon Coin
Prix : 8 euros
Version PDF disponible : envoyer paiement de 5 euros à halexander@voila.fr
Interview sur le bouquin : (lien)
***
Extraits 
Il faut le savoir, l’admettre, l’univers des chansons pour adultes d’Anne Sylvestre est d’une violence insoutenable. A côté, les rappeurs sont des enfants de chœur. Violence d’autant plus insoutenable qu’elle arrive masquée par des musiques et des paysages solaires. Doux clavecin qui résonne et champs de blés…mais dans les champs de blés et les douces maisons, il est question de viols sauvages et d’âmes meurtries. De couteaux, de cris, d' insultes. Il y a celle qui se désole devant son miroir d'être si gentille et désespérée. Une autre qui n’en peut plus et voudrait rien qu’une fois faire des vagues.
[...]
En général, autour de moi, on ne comprend pas mon engouement pour l’œuvre d’A.S. Sa voix dérange souvent. Ses musiques trop classiques sont vite jugées dépassées, surannées, vieille France. Et puis ses engagements, la cause des femmes, l’avortement…c’est marrant le nombre de femmes qui ne la supportent pas et qui pourtant, par leurs parcours de vie, lui ressemblent tellement. Comprenne qui pourra, ce sont les gens qui se ressemblent le plus qui souvent se vouent une belle inimitié – quand ce n’est pas de la haine ou du mépris. Au-delà des engagements, certaines chansons sont éprouvantes. La chanteuse ne triche pas. Barbara pouvait tricher, c’était beau, grâce à une mise en scène flamboyante et sombre, une gestuelle travaillée. Psychologiquement, l’auditeur-spectateur était prêt à entendre parler d’aigle noir, de pluie sur Nantes et de guerre à Göttingen. Mais il est des textes chez Anne Sylvestre dont Bernanos aurait apprécié l’âpreté, la rugosité, surtout les anciennes chansons. J’ai parlé des femmes qui avortent, tuent leurs enfants, se font violer, se suicident…d’enfants qui pleurent au fond de puits que l’on recouvre... pour ne plus les entendre, d’hommes et de femmes qui meurent malheureux. La mort chez Anne Sylvestre est sans appel. Mais où se cache l’espérance ? Au détour d’un vers, d’un mot, d’une intonation de voix, mais elle est si rare cette espérance, je n’arrive à la trouver, je cale plutôt sur la désespérance d’une femme qui pointe les tares d’une société en chantant le sentiment qu’il n’y rien à faire…sinon chercher un mur pour pleurer…Anne Sylvestre m’a appris à vivre avec la résignation. Vivre résigné à l’état du monde. Mais une résignation flamboyante. On ne peut rien faire parfois ? Certes mais on peut toujours parler, crier, chanter, jusqu’à la logorrhée, surtout ne pas se taire, insister, même si on va droit dans le mur, ce mur que l’on cherche pour pleurer, ce mur qui est le même pour tous, c’est la mort.


Mademoiselle Maya : le piquant de la Belle Époque, l'esprit d'aujourd'hui !

 Charlotte Grenat, comédienne et passionnée de chanson, crée sous nos yeux avec ce spectacle un bijou de boudoir dans son écrin précieux. To...