La chanteuse Clémence Savelli joue les prolongations avec son spectacle de chansons " Cendrillon deviendra grande ", spectacle qui mêle nouvelles créations à d'anciens titres appréciés de son public. Derrière le clin d'oeil au conte favori de son enfance, c'est un spectacle qui met en exergue le fameux concept du complexe de Cendrillon, et qui traite donc des " Cendrillons contemporaines ".
Cette artiste à la fois hypersensible et impétueuse reste difficile à étiqueter et on retrouve toujours dans ces spectacles des grands écarts qui ont fait sa marque de fabrique: rage/douceur, candeur/maturité, engagement/cynisme, féminité/ masculinité. Musicalement, on est toujours au carrefour de plusieurs genres, entre chanson à texte " classique ", variété, slam, rap... Tout ce joyeux mélange nous ramenant au titre d'une des chansons de Clémence qui qualifie sans doute le mieux le personnage : " La fille coupée en deux "."
La
première parisienne le 26 septembre dernier de ''Cendrillon
deviendra grande'' ayant eu un joli succès, la chanteuse Clémence
Savelli prolonge pour notre plus grand plaisir son spectacle le 6
février et le 12 mars au Théâtre du Gouvernail. Entretien bref
mais riche avec une artiste qui nous parle de liberté...
Vous
présentez un nouveau spectacle depuis la rentrée 2015, intitulée
Cendrillon deviendra grande. Pourquoi Cendrillon ?
Cendrillon
est le Disney que j'ai vu des tas de fois enfant, et dont j'adorais
les chansons. Donc, la première raison, c'est un lien avec mon
enfance grâce au fil conducteur du spectacle, qui est l'histoire de
Cendrillon.
La
seconde raison, c'est qu'en dressant la liste des nouvelles chansons,
je me suis aperçue qu'une grande partie traite de la condition des
femmes, sous des angles différents. Donc c'est un lien et un clin
d'oeil au complexe de Cendrillon en psychanalyse, qui expose l'idée
que certaines femmes ont le désir inconscient d'être prises en
charge, et craignent l'indépendance. Parce qu'on ne les a justement
pas conditionnées à cela. Je revisite donc le conte à la sauce
féministe.
Le
public découvre avec plaisir que vous êtes capable aussi de nous
faire rire, l'humour dans certaines chansons est-il nécessité ?
Une
nécessité, je ne sais pas. Disons qu'il y a une image de chanteuse
un peu maussade ou torturée qui me poursuit parce que les gens ont
souvent résumé mon répertoire à des titres qui ont plus marqué
les esprits comme Chômeur
ou Léon
etc, alors que j'ai beaucoup de titres, même dans mes premiers
albums, qui étaient assez légers. Et il se trouve que je suis
plutôt pleine de vie et j'aime rire ! Donc ce spectacle est
certainement plus à mon image que les précédents. Je me sens plus
libre.
Il
y a un vrai amour entre vous et les gens qui viennent vous voir à
vos concerts depuis vos débuts en 2006, en avez-vous conscience ?
Quelles sont vos attentes par rapport à ce nouveau spectacle ?
Je
commence un peu à prendre conscience de tout ça. Disons que je
travaille sur la confiance en moi. J'ai eu jusqu'à présent, il est
vrai, de bons retours du nouveau spectacle, et des gens me suivent
depuis mes débuts. Je n'attends rien de particulier. C'était un
challenge pour moi de monter un spectacle seule, ayant toujours été
accompagnée par un pianiste auparavant. Donc j'ai de simples
attentes : me faire plaisir, partager ce plaisir, toucher ceux
qui se seront déplacés.
J'allais à reculons voir
Vice Versa. La bande-annonce ne m'avait pas du tout convaincu. Le
label Disney-Pixar, pourtant de qualité n'était pas une raison
fondamentale pour m'inciter à aller voir le film. Mais vu des
réactions positives autour de moi, d'un certain emballement
médiatique et profitant de la fête du cinéma, j'y suis allé
et...je n'ai pas regretté. J'ai vu un film pleins de trouvailles, de
pépites, d'inventions. Beaucoup d'humour - le personnage drôle et
délicat de Tristesse - et aussi beaucoup d'émotion – j'ai été
très ému, presque au bord des larmes, notamment par une séquence
avec l'ami imaginaire (chute je n'en dis pas plus). Ce film réveille
en nous nos souvenirs d'enfance, d'adolescence. Nous fait réfléchir
sur la notion même de souvenirs. Ce film réveille ce qu'il y a de
plus enfoui en nous et ce n'est pas rien. Est-ce le chef d'oeuvre de
Pixar ? Je n'en sais rien et ça n'a aucune importance, dans le
fond. C'est un très grand film et c'est ce qui compte.
CDM
N.B : à déconseiller aux petits
enfants, ils ne vont rien piger. Il n'y avait d'ailleurs que des
adultes et des ados dans la salle.