Donner deux spectacles en alternance c'est un challenge. Que le chanteur Fhom est sans doute en train de remporter haut la main. Après la première de son nouveau spectacle Felicita le 17 octobre, cet artiste dont les chansons sont belles comme des rêves éveillés revient à 'Lignes de Vie', avec Satsuki Hoshino au piano et Matthieu Lecoq au violoncelle. Fhom est le chanteur des rêveries et des rencontres : textes beaux (c'est le meilleur terme qu'on puisse trouver)et musiques séduisantes (il nous fait penser à William Sheller). Rendez-vous le 27 novembre au Théâtre de l'Île Saint-Louis, 39 Quai d'Anjou, Paris 4, à 21h.
Prix des places : 15 euros, étudiants et moins de 18 ans : 10 euros. Réservations sur billetreduc ou au 01 46 33 48 65.
Il ne reste plus que 3 dates au moment où nous écrivons ces lignes : la pianiste Isabelle Serrand et le chanteur Wolfgang Pissors ont accepté de répondre à nos questions sur leur spectacle Berlin en Seine. Dernières dates : 22, 23 et 29 juin, Théâtre de l'Essaïon.
Isabelle Serrand,comment a eu lieu la rencontre avec Wolfgang Pissors ?
A l'occasion d'une représentation de l'opéra de quat' sous, à laquelle participait aussi mon amie Ariane Dubillard, sous la direction de C.Schiaretti. Nous avons bu une bière ensemble...et nous sommes revus lors de soirées amicales où nous chantions ou jouions pour le plaisir : Wolfgang chantait Kurt.Weill et moi je jouais des musiques écrites pour Roland Dubillard ou des chansons de Prévert/Kosma et Christiane Verger, entre autres.
Votre spectacle nous fait redécouvrir Brecht, Prévert, Kosma...vous sentez-vous décalée par rapport au tout venant culturel actuel ?
Décalée, non, car je pense profondément qu'il s'adresse à l'auditeur contemporain, y compris à un public de jeunes. La question de la modernité n'est pas un problème pour moi, la qualité d'une oeuvre la rendant intemporelle, en tout cas échappant justement aux modes. Le problème ne vient pas du programme lui-même, mais des choix esthétiques dominants, actuellement, de la part des institutions, pour privilégier certains styles musicaux pour des raisons peut-être plus politiques qu'artistiques...
Je trouve dommage d'opérer un clivage entre modernité et passéisme : la question n'est pas là.
Peut-on s'attendre des nouvelles dates ou le 22, 23 et 29 juin sont les dernières ?
Nous avons des propositions mais pas de dates précises encore. Nous avons envie de travailler avec les collèges et lycées, IUT, classes préparatoires, tout public de jeunes. Essaïon nous fait des propositions pour nous reprogrammer l'année prochaine.
Wolfgang
Pissors, avec votre regard allemand, trouvez vous que la réputation
de Paris comme LA ville culturelle dans le monde est toujours
justifiée ?
Paris
était, et est toujours un lieu de rencontre pour les artistes du
monde entier. C’est incontestable. C’est aussi la raison pour
laquelle j’étais attiré par cette ville, après un crochet par
Londres. C’est aussi le thème de « Berlin en Seine »,
la rencontre, l’exil, les retrouvailles et les beaux fruits
qui naissent de ces rencontres et inspirations mutuelles des
différentes cultures.
Le
public vient et revient vous voir sur scène, avez-vous des retours
des gens après les spectacles ?
Oui,
il y a des spectateurs qui reviennent plusieurs fois voir le
spectacle. Ce répertoire est tellement riche et enrichissant,
toujours actuel à mes yeux et ‘hors des modes’. Les
spectateurs jeunes sont étonnés par l’importance des textes et la
beauté de cette musique, qu’ils ne connaissent souvent
plus. J’ai vraiment de la chance de pouvoir chanter ces textes
accompagné d’Isabelle Serrand, qui est formidable, une artiste et
musicienne exceptionnelle. Oui, je suis ravi que la proximité
avec le public de la Salle Cabaret du Théâtre Essaïon permette une
rencontre après le spectacle, fut elle brève, c’est toujours un
moment fort, et souhaité.
Bonjour Urbain Rinaldo, merci d'accepter ce court entretien. Comment vous sentez-vous à l'approche du 7 juillet pour votre concert dans ce beau théâtre qu'est le Gouvernail ? Qu'avez-vous à dire aux gens pour leur donner envie de venir à votre spectacle ?
Merci de me permettre de parler de ce spectacle que j'aime tant. Un ami, (Christian Paccoud pour ne pas le citer), avait écrit après mon concert que c'était je cite "Ce pourrait être le blues des Antilles quand les touristes sont partis.
C'est un peu cela mise à part la musique qui est très entraînante! Même si les mots sont parfois tristes, la musique elle, reste est joyeuse. C'est à la deuxième écoute que l'on se rend compte de la gravité des chansons. Les gens sortent heureux. C'est le but !
C'est la mode des auteurs-compositeurs-interprètes, vous avez choisi dans votre spectacle d'interpréter des poèmes, pourquoi cette démarche singulière ?
J'aime qu'un spectacle ne soit pas monochrome. Mettre en musique des poèmes, les transformer en chanson me permet d'avoir un répertoire plus large. Mais je fais cela surtout pour faire connaître une poésie méconnue parfois des Antillais eux mêmes. Je reviens de La Guadeloupe invité par le festival "Première rencontre autour du piano" et beaucoup de spectateurs sont venus me voir après le concert pour me remercier de leur avoir fait découvrir cette littérature. Lire de la poésie demande un certain effort. Écouter une chanson, c'est plus simple. Je permets donc à certaines personnes d'entendre de la poésie plus facilement.
Ce spectacle tourne depuis un certain temps, est-il toujours le même ou vous nous promettez des surprises?
Mes concerts sont toujours différents les uns des autres, c'est un spectacle en perpétuelle renouvellent en fonction des nouveaux musiciens et surtout en fonction des nouveaux poèmes. Je travaille actuellement sur Aimé Césaire et je suis très heureux du résultat. Vous voulez en savoir plus ? Rendez vous le 7 Juillet au Théatre du Gouvernail !
A
l'approche de son tour de chant 'Chanter c'est Aimer', Ben Nodji a
accepté de répondre à notre courte interview.
Bonjour
Ben Nodji, cela fait longtemps qu'on ne vous a pas vu sur une vraie
scène de théâtre, cela vous manquait ?
Oui,
cela me manquait énormément. Une vraie scène de théâtre!! Je
commençais à me demander s'il faut que je retourne au CARPE DIEM à
Marseille pour connaître à nouveau les sensations d'une vraie scène
de théâtre.
Que
pouvez-vous dire aux indécis qui hésitent encore à venir à votre
concert du 8 avril ?
Vous
dîtes que Chantez c'est Aimer, pourquoi chantez-vous ? Par amour des
gens, l'amour de transmettre des émotions ?
Oui,
chanter c'est aimer. Dans mon esprit, on va se mettre nu devant tout
le monde sur une scène, (il ne s'agit pas de se dévêtir) parce
qu'au fond, on a un besoin d'amour, probablement pour palier un
manque d'enfance ou calmer une plaie d'enfance. En même temps, on ne
peut pas partir à l'assaut de l'amour d'autrui si on n'aime pas les
gens. Et j'aime vraiment les gens. Peut-être même plus que le ciel
avec tout ce que le ciel représente... C'est dire combien j'aime les
gens.
Ben
Nodji en concert au Théâtre du Gouvernail, 8 avril, 21h
5
Passage de Thionville
75019
Paris
Réservations :
Tarif
plein 12 euros
Tarif
réduit (billetreduc, par téléphone, sms au 06.16.13.98.32 ) :
10 euros
Le
5 mars, le talentueux Vincent Ahn se produira au Théâtre du
Gouvernail, à Paris. Un chanteur sensible, lucide et décalé à la
fois.
Bonjour
Vincent Ahn, pourquoi 'La Danse des Grues' ?
La
danse des grues tient son nom d’une danse réalisée par les
athéniennes lors du retour de Thésée suite à sa quête qui a
conduit à vaincre le minotaure. Le principe est qu’une danseuse
réalise un pas de danse et que les autres l’imitent. J’ai voulu
me servir de cette image pour évoquer l’organisation de la
société, ou chacun doit emboîter le pas à l’autre et suivre le
mouvement. C’est aussi le titre d’une de mes chansons qui évoque
les états d’âmes d’un homme riche qui explique à une petite
fille d’un pays pauvre pourquoi il ne viendra pas la sauver alors
qu’il pourrait. Il lui avoue être pris dans le train train
quotidien, la récurrence, et suivre un modèle bien défini dans
notre société. C’est aussi pour cela que la musique est écrite
sur du 3 temps, pour accentuer cette notion de « train train ».
Vous
n'avez pas encore sorti de disque mais vous chantez souvent sur scène
ici et là, qu'est-ce qui vous a conduit à la chanson ?
J’ai
longtemps été fan de Hip-Hop et de Rap, notamment Snoop Dog, Dr
Drey, Eminem, Coolio. Ou j’écoutais beaucoup Mary J. Blige, I Am
et The Fuggees. Puis il y a 3 ans j’ai découvert le jazz d’abord,
par hasard. Le jazz , notamment Armstrong, Molly Johnson, Annie Ross
ou Nina Simone, ça m’a véritablement ouvert à la musique, puis
j’ai continué ma découverte et suis tombé amoureux fou de la
chanson française. J’ai commencé par Frehel, Lucienne Boyer,
Jacques Brel, Renaud… Puis un jour j’ai pris un cours de chant,
et ma prof Yo de Syve m’a conseillé d’écrire : j’ai
écrit la danse des grues en rentrant chez moi. Aujourd'hui
l’original du texte de la chanson est chez elle sous un cadre.
Peut-être pas accroché, je ne sais pas mais j’en suis très fier.
Puis tout s’est enchaîné… l’écriture d’une quarantaine de
chansons puis la scène… La première c’était au Magique chez
Marc et Martine Havet, depuis je n’ai jamais arrêté et je compte
bien continuer.
Quels
sont vos projets pour cette année ?
Un
seul mot ; « Album »… j’aimerais sortir ce premier album en fin
d’année, avec 12 titres. Et puis continuer d’aller un peu
partout en France pour faire voyager mes chansons.
La
première parisienne le 26 septembre dernier de ''Cendrillon
deviendra grande'' ayant eu un joli succès, la chanteuse Clémence
Savelli prolonge pour notre plus grand plaisir son spectacle le 6
février et le 12 mars au Théâtre du Gouvernail. Entretien bref
mais riche avec une artiste qui nous parle de liberté...
Vous
présentez un nouveau spectacle depuis la rentrée 2015, intitulée
Cendrillon deviendra grande. Pourquoi Cendrillon ?
Cendrillon
est le Disney que j'ai vu des tas de fois enfant, et dont j'adorais
les chansons. Donc, la première raison, c'est un lien avec mon
enfance grâce au fil conducteur du spectacle, qui est l'histoire de
Cendrillon.
La
seconde raison, c'est qu'en dressant la liste des nouvelles chansons,
je me suis aperçue qu'une grande partie traite de la condition des
femmes, sous des angles différents. Donc c'est un lien et un clin
d'oeil au complexe de Cendrillon en psychanalyse, qui expose l'idée
que certaines femmes ont le désir inconscient d'être prises en
charge, et craignent l'indépendance. Parce qu'on ne les a justement
pas conditionnées à cela. Je revisite donc le conte à la sauce
féministe.
Le
public découvre avec plaisir que vous êtes capable aussi de nous
faire rire, l'humour dans certaines chansons est-il nécessité ?
Une
nécessité, je ne sais pas. Disons qu'il y a une image de chanteuse
un peu maussade ou torturée qui me poursuit parce que les gens ont
souvent résumé mon répertoire à des titres qui ont plus marqué
les esprits comme Chômeur
ou Léon
etc, alors que j'ai beaucoup de titres, même dans mes premiers
albums, qui étaient assez légers. Et il se trouve que je suis
plutôt pleine de vie et j'aime rire ! Donc ce spectacle est
certainement plus à mon image que les précédents. Je me sens plus
libre.
Il
y a un vrai amour entre vous et les gens qui viennent vous voir à
vos concerts depuis vos débuts en 2006, en avez-vous conscience ?
Quelles sont vos attentes par rapport à ce nouveau spectacle ?
Je
commence un peu à prendre conscience de tout ça. Disons que je
travaille sur la confiance en moi. J'ai eu jusqu'à présent, il est
vrai, de bons retours du nouveau spectacle, et des gens me suivent
depuis mes débuts. Je n'attends rien de particulier. C'était un
challenge pour moi de monter un spectacle seule, ayant toujours été
accompagnée par un pianiste auparavant. Donc j'ai de simples
attentes : me faire plaisir, partager ce plaisir, toucher ceux
qui se seront déplacés.
La
chanteuse Clémence Savelli joue les prolongations avec son spectacle
de chansons " Cendrillon deviendra grande ", spectacle qui
mêle nouvelles créations à d'anciens titres appréciés de son
public. Derrière le clin d'oeil au conte favori de son enfance,
c'est un spectacle qui met en exergue le fameux concept du complexe
de Cendrillon, et qui traite donc des " Cendrillons
contemporaines ".
Cette
artiste à la fois hypersensible et impétueuse reste difficile à
étiqueter et on retrouve toujours dans ces spectacles des grands
écarts qui ont fait sa marque de fabrique: rage/douceur,
candeur/maturité, engagement/cynisme, féminité/ masculinité.
Musicalement, on est toujours au carrefour de plusieurs genres, entre
chanson à texte " classique ", variété, slam, rap...
Tout ce joyeux mélange nous ramenant au titre d'une des chansons de
Clémence qui qualifie sans doute le mieux le personnage : " La
fille coupée en deux "."
8 octobre 2015. C'était un soir bizarre, n' habitant pas si loin que ça, et ayant de la famille à Rennes, je profitais pour aller voir Jann Halexander en concert là-bas, à la Quincaillerie. Je suis le travail de cet artiste depuis pas mal d'années, il y a eu un moment d'éloignement et j'y reviens, il y aura peut-être un autre moment d'éloignement, forcément un jour je cesserai d'animer ce blog, ou je le ferai gérer, bref je sais pas. Je n'ai pas toujours été convaincu par la qualité du travail de Jann, pourtant je reste séduit par sa créativité, presque maladive (ce n'est pas du tout le genre d'artiste qu'on canalise, il use d'une liberté qui peut faire peur) et son aisance sur scène. Mais là, en voyant à travers les vitres de la Quincaillerie qu'il n'y avait personne à part lui, une femme, à une table au fond, et une autre femme qui venait d'arriver, je me suis dit, non ce n'est pas possible. Je ne pouvais pas rentrer. Il n'y avait personne. En soi, cela ne veut pas dire qu'un artiste est nul. Chaque année, des artistes, et pas des moindres, parfois à la mode, parfois médiatisés, annulent des concerts, ont des bides, c'est la vie d'artiste avec ses aléas, ses complications, aucun artiste n'est épargné, même en ayant des années de carrière au compteur. Mais c'est le lieu qui me dérangeait. Quelle mouche l'avait piqué pour aller chanter dans un 'bar' ? L'envie de se frotter à un autre public, en province où il est plus rare (paradoxe quand on sait qu'il a démarré en province, pas loin de chez moi, à Angers) ? Le côté casse-cou ? L'inconscience ? Ou des raisons plus personnelles, qui, de fait, ne me regardent pas. C'est un fait : Jann Halexander chante moins sur scène qu'avant, il est beaucoup plus rare, surtout en province.
Je n'ai pas voulu rentrer, j'ai continué mon chemin, tant pis. J'aurai pu rentrer, me présenter -il me connaît un peu- mais je n'ai pas osé, je ne savais pas quoi lui dire et il est connu pour être distant, malgré un sourire sympathique. Je me serai senti complètement con à parler à quelqu'un qui a le regard ailleurs. Le regard de Jann est troublant, il a toujours le regard ailleurs. Avec un fond de tristesse. Mais bon, il n'avait pas l'air de mauvaise humeur comme s'il avait pris acte de la situation, il riait avec cette femme que je reconnus par la suite, Monique Hottier.
J'ai pris le covoiturage pour aller voir Jann Halexander en concert à Paris le 7 novembre, donc un mois plus tard. C'est déjà un peu plus compliqué, mais bon j'ai trouvé un endroit où dormir, alors je profite.
Et là tout se passait comme s'il avait remis les choses à leur place. La Quincaillerie n'était plus qu'un médiocre souvenir (médiocre est un euphémisme, j'étais en colère contre l'indifférence du public envers la vie culturelle, et ça vaut pour tout un tas d'artistes).
J'ai reconnu Monique Hottier à l'accueil. Elle a réalisé plusieurs clips dont le génial 'Pars et gogo'. Je cherche Jeff Bonnenfant des yeux, je ne le vois pas, il y a du monde dans le hall, ça parle, ça rit, c'est animé. Je prends place dans une salle pleine.
Le théâtre du Gouvernail n'est pas situé dans le quartier le plus attirant de Paris, même la rue en question n'est pas très belle. Mais une fois qu'on y est, on sent que le lieu respecte le public. Hall spacieux, distributeurs de boissons, toilettes propres, espace aux normes handicapées, salle propre. Ce n'est pas immense en nombre de places (mais jauge profonde, et sièges confortables, ça ne fait pas du tout 'petite salle'). L'artiste ne semble pas cultiver le goût des grosses salles pour les grosses salles (après tout des gens moins connus que lui se risquent à des salles plus grandes). Je ne pense pas qu'il est réticent mais là dans cette salle, dès l'entrée, je comprenais tout de suite que lui et le lieu ne faisaient qu'un ; c'est ce qui fait la magie du spectacle. Il y a quelque chose d'intime et de grandiose dans les concerts de Jann Halexander. Intime car ce sont des petites et moyennes salles. Grandiose car on est loin du cliché 'chanteur seul au piano qui s'adresse aux copains'. C'est mystérieux, solennel, parfois drôle, mais toujours transcendant. Pour peu qu'on aime ses chansons, hein. Mais même sans aimer tout, il a ce truc qui fait qu'on ne l'oublie pas. Le public est très mélangé, côté âge, couleurs de peau, même socialement, je pense. Halexander n'est clairement pas estampillé 'chanteur de gauche' (ni de droite, d'ailleurs). Ce n'est même plus tout à fait de la chanson, c'est très variété, parfois pop, avec les mélopées de la géniale guitariste Barbara Felettig, les voix sublimes des deux choristes, un homme, une femme. Côté jeux de lumières, c'est sobre et beau à la fois, bien millimétré. Jann chante de sa voix lyrique, ample, sans micro.
Le décor est sobre et beau. Des paroles de chansons, traînent sur le sol recouvert d'un tissu rouge cramoisi. Le piano au centre de la scène, est recouvert d'une étoffe bleue. Un fauteuil à droite du piano, deux chaises dans le fond.
Même les gestes du chanteur et des choristes sont étudiés. Le tour de chant alterne entre classiques (le poignant 'Moi qui Rêve' de l'ouverture, l'inévitable, l'inusable ' A Table, 'Aucune Importance') , des nouvelles chansons qui n'ont pas été éditées sur disques, ni en ligne à ce jour ('Avant' ou 'Qui étais-je avant', je ne connais pas le titre exact, très profond et planant, 'Kalinka', chant émouvant et désespérant dédié à une chatte disparue, certaines personnes s'essuyaient les yeux, le magistral 'Mourir à Lambaréné', chanson-fleuve dont on sent qu'il a fallu le temps qui passe pour que cette chanson puisse enfin éclore) et des chansons plus anciennes, avec une nouvelle orchestration ('Elvire ma sœur', 'La Ronde des Mulâtres'). J'aime toujours autant 'Le sexe triste', j'apprécie moyennement 'Comme dans une chanson d'Anne Sylvestre'. Je n'ai rien compris à 'Jormugand'. Je ne connaissais pas 'La Mort du Salaud', le pendant encore plus macabre de 'A Table'. On rit jaune. On rit. On est triste. On sourit. C'est la Vie.
Jann Halexander est peut-être toujours discret, et on aura beau jeu de dire que c'est la faute aux médias, mais ce n'est pas vrai. En terme de couverture médiatique, il n'est certainement pas le plus à plaindre. Son label et son éditeur poussent même le luxe à sortir un disque où d'autres artistes l'interprètent (c'est d'ailleurs un des rares 'jeunes' chanteurs vivants interprétés un peu par d'autres dans le milieu chanson). Peut-être qu'il ne veut pas céder à certaines choses. Il est dans son monde, hors modes, hors temps, hors charts, hors classements, hors chapelles, un peu grand public mais pas trop, un peu isolé, un peu 'kitsh'. Peut-être enfermé dans sa tour d'ivoire, dans son statut d'illustre inconnu, avec ses regrets (vie d'artiste brouillon, sur la corde raide? Il ne fait que ça, chanter, créer, écrire des textes, il l'assume, dit-il et à notre époque, ce n'est plus du courage mais un sacerdoce), ses souvenirs (son enfance au Canada ? Ses années au Gabon ?), quelques traces laissées par quelques milliers de cds et dvd vendus depuis sa première chanson, 'Alien Mother', en 2003, les messages fervents de quelques fans qui ne jurent que par lui. Mais le temps d'un concert, il ne fait qu'un avec nous. Il n'est plus vraiment le chanteur 'marginal' d'autrefois, ce qualificatif qu'il aimait utiliser comme une boutade, disait-il à la télé, ce mec un peu bizarre qui traîne quelques casseroles (ses échecs) et quelques succès d'estime ('A Table'...et c'est à peu près tout, côté grand public). Par certains moments, il est devenu même un peu mainstream, il use de certaines facilités et comme tout chanteur qui se respecte, il parvient à construire son mythe (avec le risque d'être une caricature de lui-même). Car oui, au final, après le concert, c'est que je retiens : il y a bien un mythe Halexander, un univers peuplé de fantômes, de vampires, de familles brisées, d'hommes et de femmes en quête permanente d'identité, de passions avortées, de rêves chamboulés. On oscille constamment entre humour sombre et désespérance totale et c'est beau parce que c'est lui, qui incarne tout cela, et on est ailleurs le temps d'un concert. C'est 'too much' et c'est ce que j'attends d'un artiste. Qu'il ne s'excuse pas de sa présence.
Bon, je réfléchis trop et je me laisse aller : Jann Halexander fait du Jann Halexander, je devrais cesser de jouer les étonnés. Non mais, foi de Vampire !
Merci et bravo pour ce beau spectacle de première et espérons d'autres dates tout aussi belles !
Jeudi 30 octobre - 20h30 - Centre LGBT, 63 rue Beaubourg 75003 Paris
Entrée 6 euros / réservations au 01 43 57 21 47
Vendredi 31 octobre -21h00- Au Magique, 42 rue de Gergovie 75014 Paris
Entrée 8(billetreduc)/10 euros/ réservations au 06 80 15 05 24
Samedi 1er novembre - 21h00- L'Entre Deux, 90 rue Lionnaise 49100 Angers
Entrée 6(billetreduc)/8 euros/ réservations au 06 80 15 05 24
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Il ressemble à un homme, il parle comme un homme, il chante comme un homme, il est sensuel comme un homme, il rit comme un homme…mais ce n´est pas un homme…
2014. Pretorius Malan, 106 ans, vampire sud-africain, métis et bisexuel raconte sa vie à un groupe d'étudiants français.
Solitaire, aigri, obsédé, dur, il parle de sa vie, de sa liaison passionnelle avec Dracula, de ses victimes et de la société sud-africaine de 1908 à 2014...
Confessions d'un Vampire Sud-Africain est un monologue écrit par le chanteur pianiste et réalisateur Jann Halexander (A Table, Il est minuit Docteur Schweitzer) qui interprète la vampire Pretorius Malan. Il a incarné avant Antoine Blanchard dans le film J'Aimerais J'Aimerais. La pièce a été présentée une cinquantaine de fois au Musée des Vampires, en région parisienne, à Paris, à Angers, à Bruxelles, à Cologne depuis 2008.
2014. Pretorius Malan, 106 ans, vampire sud-africain, métis et bisexuel raconte sa vie à un groupe d'étudiants français. Solitaire, aigri, obsédé, dur, il parle de sa vie, de sa liaison passionnelle avec Dracula, de ses victimes et de la société sud-africaine de 1908 à 2014...
‘Confessions d'un Vampire Sud-Africain’ est un monologue écrit par le chanteur pianiste et réalisateur Jann Halexander (A Table, Il est minuit Docteur Schweitzer) qui interprète la vampire Pretorius Malan.
Il a incarné avant Antoine Blanchard dans le film J'Aimerais J'Aimerais.
La pièce a été présentée une cinquantaine de fois au Musée des Vampires, en région parisienne, à Paris, à Angers, à Bruxelles, à Cologne depuis 2008.
Pour des raisons de santé (violentes crises d'asthmes/dos bloqué dans la nuit du dimanche 5 au lundi 6 janvier), l'artiste Jann Halexander ne pourra pas assumer les représentations du 8 et du 9 janvier au Magique, à Paris (la pièce 'Confessions d'un Vampire Sud-Africain'). Rien de grave, mais repos conseillé par le médecin. Pour ceux et celles qui ont déjà acheté leurs places sur le site billetreduc.com, le remboursement sera automatique.
Les prochaines dates de l'artiste : 21/22 mars au Tremplin Théâtre, Paris, 28 mars à l' Etable des Chaumes à Prailles, 12 juin à Brioude, 27 juin à Fretin – d'autres dates en cours de négociation. Nous vous souhaitons une bonne semaine et vous remercions pour votre compréhension.
Jeff Bonnenfant, pour Jann Halexander, 06.80.15.05.24, Label T.H