S'il n'a pas prévu de tournée à la rentrée, Jann Halexander défend la réédition de ses albums 'Ornithorynque' , 'Halexander Songs' (le tout premier, sorti en 2005), et sera sur scène pour une courte prestation à l'International Art Gallery le 16 septembre, à Paris. Il nous parle de sa playlist du moment.
'Plus personne à Paris' Anne Sylvestre
J'aime les grandes villes. J'ai été à Johannesburg, Tokyo, Francfort, Montréal, Londres...j'aime Paris, même si c'est une ville chère, dure. Et on peut se sentir seul à Paris, parfois. C'est pour ça que j'aime cette chanson d'Anne Sylvestre.
'Loin des grandes villes' Jean-Pierre Réginal
Jean-Pierre Réginal n'est vraiment pas très connu. C'est l'un des derniers représentants de cette chanson à l'ancienne qu'on appelle rive gauche de façon un peu méprisante. Ses chansons sont très bien arrangées, il a travaillé avec François Rauber l'arranger de Jacques Brel. 'Dans les grandes villes', c'est un bijou qui n'a rien à envier aux chansons de Brel ou d'Aznavour.
'Viens j't'appellerais plus' Claudio Zaretti
La meilleure façon d'écouter Claudio Zaretti, c'est en voiture sur la route pendant les vacances. C'est solaire et efficace. Il y a une chanson qu'il ne chante jamais sur scène et c'est l'une de mes préférées, je l'ai beaucoup écouté pendant le confinement, cette chanson date du début des années 80, c'est vraiment de la belle variété. Peut-être certains trouveront ça daté mais je m'en fous.
'Que mon coeur lâche' Mylene Farmer
J'ai découvert Mylene Farmer, j'avais 15 ans, on m'avait prêté un album, le Live à Bercy 1996. Et cette version live de 'Que mon coeur lâche' était hypnotisante, un mélange de rock et de transe, c'était troublant, obsédant. En plus je ne comprenais pas tout. J'ai réécouté récemment cette version avec plaisir.
'Si beau' Vincent Delerm
Des fois j'ai eu des gens qui m'ont dit : comment ça se fait que Vincent Delerm qui chante à peine devant son piano soit beaucoup plus connu que toi ? Je réponds que je n'en sais rien, que ce ne sont pas les mêmes parcours, les mêmes textes et que non je ne suis pas du tout jaloux de ce chanteur, il y a des pépites chez lui, dont la dernière chanson, 'Si Beau', sa façon de parler, la musique, l'atmosphère tellement parisienne. J'aime.
JePH
est le représentant d'une chanson française engagée avec une
touche rock et poétique, il a cette force d'un réaliste optimiste
qui transforme la détresse en espoir. Ancien leader du groupe de
rock festif Tournée Générale, il a sorti son album en solo 'Mon
Pays' en 2020. Ses thèmes ? L'enfance, la solitude, la critique
sociale (rejet de la guerre, du nationalisme, de la société
cruelle), mais toujours avec une lueur d'espoir, de fraternité et
d'amour du vivant.
Il
sera sur la scène des salons de Lord Phoebus le 20 septembre à 19h,
Paris.
Appartement
privé, réservation obligatoire pour avoir l'adresse par mail :
lessalonsdimarose@gmail.com.
Participation 15 euros. Première partie : Charlotte Grenat.
Suivi d'un pot et de dédicaces.
Le grand public l'a remarqué avec le tube Hydroxychloroquine, servi par un clip à la Mad Max à l'automne 2021. Pourtant, Michael Bond, originaire de la Réunion mais ayant grandi à Marseille, n'en était pas à son premier coup d'essai. Il a la voix pour tout chanter, tout style de musique, et cela tombe bien, il nous est revenu avec un nouvel album intitulé 'Caligula', album de pure variété rock, une belle réussite. C'est cet album qu'il va déployer sur scène le 5 mai au Celebrity Centre, 69 rue Legendre, Paris 17. Le public peut réserver sur billetreduc, weezevent, au 0616139832. A ne pas rater.
Nous en avions parlé en novembre 2021 : Fhom donnait 'Lignes de vie' au Théâtre de l'Île Saint-Louis. Le 16 juin, il donnera son autre spectacle en alternance intitulé 'Felicita'. Il est question de joie, de sensualité, de bonheur de vivre, avec des musiciens qui distillent une atmosphère latine. Presque subversif en cette époque post-covid (ou pré-covid, on ne sait plus trop...) Fhom surprend, séduit, rit, nous fait rire, nous émeut et ce serait dommage de rater cela dans le beau théâtre de l'Île Saint-Louis !
Il ne reste plus que 3 dates au moment où nous écrivons ces lignes : la pianiste Isabelle Serrand et le chanteur Wolfgang Pissors ont accepté de répondre à nos questions sur leur spectacle Berlin en Seine. Dernières dates : 22, 23 et 29 juin, Théâtre de l'Essaïon.
Isabelle Serrand,comment a eu lieu la rencontre avec Wolfgang Pissors ?
A l'occasion d'une représentation de l'opéra de quat' sous, à laquelle participait aussi mon amie Ariane Dubillard, sous la direction de C.Schiaretti. Nous avons bu une bière ensemble...et nous sommes revus lors de soirées amicales où nous chantions ou jouions pour le plaisir : Wolfgang chantait Kurt.Weill et moi je jouais des musiques écrites pour Roland Dubillard ou des chansons de Prévert/Kosma et Christiane Verger, entre autres.
Votre spectacle nous fait redécouvrir Brecht, Prévert, Kosma...vous sentez-vous décalée par rapport au tout venant culturel actuel ?
Décalée, non, car je pense profondément qu'il s'adresse à l'auditeur contemporain, y compris à un public de jeunes. La question de la modernité n'est pas un problème pour moi, la qualité d'une oeuvre la rendant intemporelle, en tout cas échappant justement aux modes. Le problème ne vient pas du programme lui-même, mais des choix esthétiques dominants, actuellement, de la part des institutions, pour privilégier certains styles musicaux pour des raisons peut-être plus politiques qu'artistiques...
Je trouve dommage d'opérer un clivage entre modernité et passéisme : la question n'est pas là.
Peut-on s'attendre des nouvelles dates ou le 22, 23 et 29 juin sont les dernières ?
Nous avons des propositions mais pas de dates précises encore. Nous avons envie de travailler avec les collèges et lycées, IUT, classes préparatoires, tout public de jeunes. Essaïon nous fait des propositions pour nous reprogrammer l'année prochaine.
Wolfgang
Pissors, avec votre regard allemand, trouvez vous que la réputation
de Paris comme LA ville culturelle dans le monde est toujours
justifiée ?
Paris
était, et est toujours un lieu de rencontre pour les artistes du
monde entier. C’est incontestable. C’est aussi la raison pour
laquelle j’étais attiré par cette ville, après un crochet par
Londres. C’est aussi le thème de « Berlin en Seine »,
la rencontre, l’exil, les retrouvailles et les beaux fruits
qui naissent de ces rencontres et inspirations mutuelles des
différentes cultures.
Le
public vient et revient vous voir sur scène, avez-vous des retours
des gens après les spectacles ?
Oui,
il y a des spectateurs qui reviennent plusieurs fois voir le
spectacle. Ce répertoire est tellement riche et enrichissant,
toujours actuel à mes yeux et ‘hors des modes’. Les
spectateurs jeunes sont étonnés par l’importance des textes et la
beauté de cette musique, qu’ils ne connaissent souvent
plus. J’ai vraiment de la chance de pouvoir chanter ces textes
accompagné d’Isabelle Serrand, qui est formidable, une artiste et
musicienne exceptionnelle. Oui, je suis ravi que la proximité
avec le public de la Salle Cabaret du Théâtre Essaïon permette une
rencontre après le spectacle, fut elle brève, c’est toujours un
moment fort, et souhaité.
Le 15 février, Claudio Zaretti propose son premier tour de chant parisien de l'année, seule en scène à l'Atelier du Verbe. L'artiste a accepté de répondre à nos questions.
Bonjour
Claudio Zaretti, certains disent que vous êtes un peu dans la lignée
d'un Enrico Macias ou Paco Ibanez, qu'en pensez-vous ?
Oh
oui joli tandem ! A propos d’Enrico Macias c’est le souvenir
des maxi 45 tours de mes parents avec ces mélodies si chantantes et
dans les paroles on entendait souffler le vent des exilés…et
sa guitare toujours présente dans la chanson ça me ravissait, et en
plus je la trouvais super belle sur les pochettes…
Et
Paco Ibanez c’est une grande découverte de mon adolescence, ces 2
albums dans lesquels il chante les poètes espagnols avec les dessins
de Dali, tournaient en boucle sur l’électrophone. Des
mises en musiques si ardentes, juste guitare-voix et sa voix si
nostalgique… j’adore !
Qu'est-ce
que cela signifie de monter sur une scène pour vous ?
Ce que ça signifie
c’est difficile à dire mais ce que je ressens c’est une façon
de repousser au maximum la tricherie, c’est un moment unique de
mise à nu et où, paradoxe, on se vêt peu à peu tout le long de la
chanson avec les mots et la musique ! Enfin bizarre ce que je
raconte … comme un strip-tease à l’envers ?
Vous
avez une discographie assez fournie. Imaginez que vous devez partir
sur une île déserte avec une seule chanson, ce serait laquelle ?
Vous
voulez dire une des miennes ? voilà une question qu’elle est
bonne euh je ne sais pas …actuellement…peut-être pourquoi pas
« Toi qui écoutes » ?
Le 6 avril, la chanteuse gabonaise Tita Nzebi remonte pour la troisième fois sur la scène du Café de la Danse. Elle y défend son nouvel album 'From Kolkata'
Bonjour Tita Nzebi, certains disent que
vous êtes un peu dans la lignée d'une Myriam Makeba ou d'une Angélique Kidjo,
qu'en pensez-vous ?
Je pense que j’ai encore beaucoup de chemin à parcourir avant d’atteindre
le niveau de ces grandes dames en termes de notoriété et de carrière. Mais
c’est un honneur d’être classée dans cette lignée-là. Cela prouve que mon
travail a un certain potentiel.
Qu'est-ce que cela signifie de monter sur
une scène pour vous en 2019 ?
Monter sur scène en 2019, au Café de la danse, alors que j’ai commencé en
2006 dans les cafés et bars parisiens, signifie pour moi, qu’entre mes débuts
et maintenant j’ai franchi énormément d’étapes. Je suis particulièrement fière
de tout ce chemin parcouru car c’est le fruit d’efforts personnels. J’ai décidé
de tracer ma route et sur celle-ci j’ai croisé toutes les personnes qui
m’accompagnent dans ce projet.
Ce 3e concert au Café de la danse, pour la sortie de mon 2e
album est un bel accomplissement. J’espère qu’il sera beau et qu’il ne sera pas
le dernier.
Votre discographie s'étoffe. Imaginez que vous
devez partir sur une île déserte avec une seule chanson, ce serait laquelle ?
Aujourd’hui, le titre qui me vient en tête pour répondre à cette question
c’est Bol'a ngu, le premier titre sur mon précédent album Métiani.
C'est le 18 janvier que le chanteur Bertrand Ferrier chantera Michel Bühler, à l'Atelier du Verbe. Un spectacle qui, on l'espère, tournera ensuite un peu partout. En attendant, rendez-vous le 18/01 !
C'est ce qu'on appelle une bonne nouvelle.
Vincent Ahn, trop rare sur scène revient à l'Atelier du Verbe le 1er décembre
mais cette fois-ci pour un nouveau spectacle intitulé MADAME. La page 'La Danse
des grues' (nom du spectacle précédent) semble tournée.
Pourquoi êtes-vous si rare sur scène ?
Bonjour, effectivement cette observation,
remarque, constatation m'est souvent rapportée. Il y a une raison
"historique" à cela, qui est que je suis présent sur scène et dans la
musique de manière plus générale depuis 5 ans seulement. Avant cela je ne
m'étais jamais imaginé sur une scène. Encore moins pour chanter. Encore moins
écrire une chanson. Ma carrière d'artiste a débuté de façon aussi inattendue
que surprenante et je n'ai jamais consacré toute ma vie et tout mon temps à
cela, la bascule n'en n'aurait été que trop brutale je pense. Il y a donc cette
crainte oui bien sûr. Cette angoisse de se lancer corps et âme dans quelque
chose de nouveau et d'inconnu. Même si dorénavant ce désir d'être de plus en
plus présent sur scène m'apparaît comme une évidence. D'autre part la scène
n'est en rien pour moi quelque chose qui me permet de "couper" avec
ma vie. Ce n'est pas une parenthèse ni un défouloir. Il s'agit de la
représentation de ce que je suis. Discret, réservé, parfois introverti. Je ne
me suis jamais imaginé enchaîner beaucoup de dates sur de très longues tournées.
Qu'attendez-vous de ce nouveau spectacle ?
Je suis un adepte maladif du vouvoiement.
Un réflexe, au premier abord. Même des personnes plus jeunes que moi. Ainsi
j'ai appelé "Madame" un bien grand nombre de femmes qui en furent
étonnées, amusées. Et parfois aussi vexées ou blessées. Je pense à Madame
Martine, à Madame Hameau, Madame Catherine, Madame Julie ou Madame Geneviève.
Je les appelais ainsi. C'était pour moi une forme de respect. Ce sont des
personnes, toutes, pour lesquelles j'ai une estime profonde et sincère. J'avais
besoin d'exprimer cela. J'en avais l'envie. Ce spectacle, comme ceux d'avant et
ceux qui viendront je le pense, doit me permettre cela. De me confier.
D'exprimer toute cette part de moi. Il y a beaucoup de chanson
"hommage" dans "Madame". Pourtant "Madame" n'est
en rien un spectacle hommage aux femmes ou à qui que ce soit. Comme les contes
de la rue Brocca. C'est un ensemble d'histoires qui pourraient se passer dans
le même quartier.
Au final, que représente la chanson pour
vous ?
J'ai découvert que la chanson était comme un langage, un
moyen d'expression que je n'utilisais pas
et qui était pourtant là, à portée.
Une façon de m'exprimer. Et j'ai rencontré
tellement de gens dans ma vie qui
discussions. Et il m'a semblé que la plus
belle façon de raconter ces
m'ont interpellé et touché par des
phrases, des scènes, des anecdotes ou des
rencontres à mes yeux était la chanson.
Lorsque les choses sont dites,
j'ai trouvé que c'était la plus belle
façon de le dire. et pour raconter des
racontées ou relatées en chanson, c'est
pour moi toujours plus beau plus clair
et plus convaincant. Un jour on m'a dit
"je t'aime" en chuchotant. Et
histoires donc, et bien pour moi ce serait
en chanson.
[reprise communiqué] "Poétique, piquante ou un peu nostalgique : on retrouve chez elle un petit quelque chose de Barbara" (Télérama)
"Touchante, drôle, caustique, pertinente, percutante et bigrement vivante. Alissa ou le bonheur des mots." (Moving Art)
"Elle a de l’énergie, une présence remarquable, une bonne dose d’humour et beaucoup de poésie. Un spectacle réjouissant d'une belle artiste." (L'Intermède)
Alissa Wenz écrit, compose et interprète ses textes, dans un univers où humour et poésie s'entremêlent. S'accompagnant au piano, elle propose un voyage où chaque chanson est une histoire, une confidence, une émotion. Pour ce concert en trio, elle sera accompagnée par Agnès Le Batteux (violoncelle, trompette) et Léo Varnet (accordéon, guitare).
TARIF UNIQUE : 10€ (soirée Coup de cœur du FLF) ____________________
OUVERTURE DES PORTES : 18H30 CONCERT : 20H45 ____________________ INFOS PRATIQUES & ACCES Forum Léo Ferré 11 rue Barbès 94200 Ivry-sur-Seine Métro Ligne 7 : Pierre et Marie Curie Tramway T3a : Porte d'Ivry
C'est le 5 octobre prochain au Brin de Zinc, à Barberaz, pas loin de Chambery que la chanteuse gabonaise Tita Nzebi démarre la rentrée. Grande dame de la musique gabonaise, indiscutablement, elle sera accompagnée de ses musiciens, dont le talentueux guitariste chanteur béninois Serge Ananou.
Elle avait illuminé la scène du Café de la Danse le 3 février dernier à Paris. Certain(e)s la trouvent trop rare sur les scènes. Alors raison de plus pour aller voir Tita Nzebi en concert le 10 mars prochain, à LaClef StGermain, à Saint-Germain-en-Laye, dans le cadre d'un co-plateau avec Dobet Gnahore. Autant dire un beau moment de spectacle à venir. Et surtout ne pas rater.
Bonjour Serge Ananou, vous participez au spectacle CLAIR DE LUNE aux côtés de Tita Nzebi et Alphonse Tiérou le 3 février prochain au Café de la Danse, à Paris, comment vous sentez-vous à l'approche de cette date ?
Bonjour,
Je me sens bien et je suis très impatient d'être sur la scène du café de la danse. Ça va être une très belle soirée !
Quel a été le déclic qui vous a donné envie de vous lancer dans la musique ?
J'ai grandi dans un environnement où la musique était présente partout. Entre les cérémonies Vaudou et les fêtes ( mariage, naissance, enterrement, dote etc...), je n'ai pas échappé à l'envie d'en faire.
J'ai été musicien à l'église, au collège, au lycée puis ensuite dans les bars et clubs de Cotonou . J'ai vraiment eu le déclic quand j'ai abandonné mes études de comptabilité et gestion pour suivre un groupe equato-guinéen installé au Bénin. Je me suis dis ça y est, c'est ce que je veux vraiment faire.
Si vous ne deviez n'emmener qu'une chanson de votre répertoire sur une île déserte, laquelle vous choisiriez ?
Je choisirai mon titre "Clandestin" si je n'ai qu'un morceau à emmener sur une île déserte, histoire de savourer cette LIBERTÉ. Pour dire que nous sommes tous clandestins ou prisonniers dans un système. Que ceux qui fuient la pauvreté, les guerres ou autres formes de persécution, ne sont pas si différents de nous. Je profiterai de mon île déserte pour dire: "Bonheur et Liberté pour tous".
Le 3 février 2018, la talentueuse chanteuse Tita Nzebi, originaire du Gabon, retrouve la scène du Café de la Danse, partageant la scène avec Alphonse Tiérou et Serge Ananou. Nous ne saurions cacher notre impatience ! La chanteuse a accepté de répondre à nos questions et c'est avec joie que nous nous en faisons ici l'écho.
Tita Nzebi, vous allez retrouver la scène du Café de la Danse, dans quel état d’esprit êtes-vous ?
Je suis dans même état d’esprit que pour tous mes autres concerts. Un mélange de peur et d’impatience. La peur de rater la préparation de cette scène, de mal la faire et impatience parce que c’est toujours un plaisir et un honneur d’échanger avec le public à ces occasions-là.
Vous êtes très attachée à la mise en valeur de votre héritage culturel, que signifie pour vous en 2017 la musique gabonaise et plus largement la musique africaine ?
Je ne me suis jamais posée la question de savoir ce que signifie la musique gabonaise ou africaine pour moi. Pourrait-on d’ailleurs donner une définition à une musique quelle qu’elle soit ? Personnellement je l’ignore. En revanche, je me pose parfois la question de la perception que nous avons tous de la musique gabonaise et africaine.
Pour les peuples colonisés que nous avons été, que nous sommes peut-être toujours, il y a eu, il y a peut-être encore, une sorte de complexe quant aux musiques de chez nous. Quant à ce que nous sommes même. Par conséquent, faire le type de musique que je fais n’a pas été une décision facile à prendre car cela voulait dire oser se présenter aux autres, dans mon pays ou ailleurs avec un héritage culturel à priori sans importance et sans valeur.
De bonne foi, des compatriotes m’ont conseillée de ne pas m’engager dans cette voie parce qu’elle leur paraissait sans issue. D’abord parce que je chante dans une langue que peu de gens comprennent sur des rythmes pas toujours évidents pour tout le monde puis, commercialement on ne peut pas dire que ce soit le genre de musique que les gens achètent le plus.
En outre, il y a encore des gens qui se représentent l’Afrique comme un lieu où tout le monde se ressemble, où tout le monde a la même culture. D’ailleurs sans aucune méchanceté ou mépris, des gens affirment que je chante en africain or cette langue, au même titre que l’européen, l’asiatique, l’océanien, n’existe nulle part. On ne fera jamais remarquer à un Polonais qu’il s’exprime en européen mais dans le cas de l’Afrique ce genre de remarques sont encore courantes et banales. Dans le même ordre d’idée il y a des gens qui écoutent les musiques africaines les plus populaires ou celles qu’elles connaissent. Lorsqu’elles rencontrent un artiste africain qui fait une musique qu’elles ne connaissent pas vous disent très clairement que vous ne faites pas de la musique africaine car pour elles cette musique se limite à celle qu’elles connaissent. J’ai été confrontée à ce problème deux fois.
Pour toutes ces raisons, je pense qu’il y a encore un travail à faire pour faire évoluer les idées que beaucoup ont de l’Afrique et la valeur de ses cultures. Et ce, en Afrique ou ailleurs.
Tita Nzebi par Pierre Orcel, 21/01/2017, Café de la Danse, Paris
Vous allez proposer un spectacle complet notamment avec la présence du chorégraphe ivoirien Alphonse Tiérou. Peut-on dire de vous que vous êtes une bête de scène ?
Il y a tellement d’artistes qui, par leur expérience, leur talent et les moyens mis à leur disposition font des choses époustouflantes sur scène que ça serait prétentieux et malhonnête de ma part d’affirmer être une bête de scène. J’ai encore un long chemin à parcours avant d’en devenir une pas sûre que j’y arrive d’ailleurs.
Mais que l’on soit une bête de scène ou pas, le live est le moyen pour toute sorte d’artistes de faire découvrir leur travail au public. Pour ma part c’est un le moyen que je préfère.
La présence d’Alphonse Tiérou sur cette affiche n’est pas due à une volonté de ma part de me présenter comme une bête de scène. C’est un Monsieur pour lequel j’ai beaucoup de respect. Ses travaux de recherches sur la danse africaine sont connus dans certains milieu universitaire et par une certaine presse. Il a conçu un alphabet de la danse africaine et une méthode d’apprentissage de la danse africaine. Le 3 février j’aurai donc l’honneur de partager une scène avec une pointure.
Sur cette affiche vous avez aussi Serge Ananou, un chanteur guitariste originaire du Bénin. Il a sorti son premier album il n’y a pas si longtemps. Pour l’avoir vu sur scène plusieurs fois je ne peux que conseiller à vos lecteurs de venir le découvrir le 3 février 2018.
Le Café de la danse est une belle scène sur laquelle vous pourrez découvrir de beaux artistes le 3 février 2018 et cette affirmation n’est ni prétentieuse ni malhonnête.