Son clip 'Espoir' le 14 octobre n'est pas passé inaperçu, allant jusqu'à faire partie de la sélection 'culture africaine' du média Le Monde. Amplement mérité, tant Myster Ezin s'y livre avec une authenticité troublante, presque dérangeante.
Mais quid de ses goûts musicaux ? L'artiste a accepté de se livrer.
Pour la nostalgie de mon enfance :
Je revisite souvent le répertoire de Gbèzé Zègué Zougou et du Roi Alèkpéhanhou - sans titre précis, juste selon l’humeur. Ces musiques me replongent dans mes racines et les sonorités qui ont bercé mes premiers pas dans la musique.
Pour le travail (piano et inspiration) :
Je pratique actuellement au piano :
- Imagine – John Lennon
- Des milliers de je t’aime - Slimane
- Ode à la joie - Beethoven
Ces morceaux nourrissent à la fois ma technique et mon sens de la mélodie.
Pour le pur plaisir d’écoute :
- Espoir – Myster Ezin (il m’arrive de me réécouter… lol 😄)
- Debe (Live at Bozar) – Ali Farka Touré & Toumani Diabaté
- Nationalité - Tiken Jah Fakoly
- Gymnopédie No.1 - Erik Satie
Une sélection entre mémoire, création et contemplation, à l’image de mon rapport à la musique : un voyage entre les époques, les cultures et les émotions.
Tout le répertoire de l'artiste disponible sur les plates-formes de streaming.
Ce mercredi sort le nouveau roman de l'écrivain encore trop méconnu Célestin Diabangouaya. 'Les Tontons frimeurs de Brazzaville', un roman étonnant, flamboyant sur la diaspora congolaise, ses rites qui ne cessent nous surprendre. En le lisant, on 'entend' la musique au gré des pages.
Et justement de musique, il en est question, l'écrivain nous confie quelle est sa playlist du moment.
En ce moment j'écoute
beaucoup de choses, cela dépend si je travaille ou pas. Quand je
suis à mon bureau, je suis beaucoup avec Ludovico Einaudi, toute sa
playlist, il y a l'album Una mattina, sur spotify. Quand je
mets des chansons avec les paroles, cela me distrait. Là au moins
c'est juste du piano, du post-classique, cela me suffit.
Quand je fais du travail
plus 'léger', je fabrique une playlist de morceaux favoris. J'écoute
un peu de rap de Lil Wayne, Mirror, qui m'inspire beaucoup, le
clip qui accompagne cette chanson est vraiment génial.
Dans le rap un peu plus
vieux, il y a Scarface, notamment Hand of the dead body. Je me
reconnais dans le combat de la communauté afro-américaine. On a un
dicton au Congo qui dit 'quand t'es mort, t'a plus peur de pourrir'.
Je ne sais pas trop pourquoi j'associe cette chanson à ce dicton.
J'ai redécouvert un
petit peu les classiques africains. J'écoute beaucoup Madilu System,
avec la chanson Ya Jean, que j'écoute en boucle. Grand frère
Jean en lingala. Ya est l'abréviation de Yaya, qui veut dire grand
frère. Dans beaucoup de chansons de Madilu System, il est question
de cette Afrique un peu perdue dans la religion, trop présente. Pour
Madilu Systerm, c'est une fausse foi, un peu tordue, qui a
court-circuité le développement africain...je suis né d'une
famille très croyante, très protestante, et je trouve que mes
contemporains utilisent la religion comme prétexte pour ne rien
faire. Avec cette expression : Dieu va faire grâce. Non : Dieu
va faire grâce si tu te bouges ! Je suis sur la même ligne que
Calixte Beyala qui explique que la religion porte atteinte au
développement africain. Les églises du réveil qui pullulent
partout avec de faux pasteurs mais de vrais escrocs sont un vrai
problème.
J'écoute aussi une
artiste qui travaille avec Koffi Oloumide, elle s'appelle Cindy
Lecoeur, notamment sa chanson Université, un chef d'oeuvre.
Avec la bénédiction de Koffi, un personnage compliqué à saisir,
mais il produit des choses intéressantes à écouter.
Franco de TPOK Jazz,
il chante vraiment, c'est les années 70/80. C'est sur ses chansons
que j'apprends à redanser la rumba avec Madame. Ce ne sont pas des
chansons politiques, mais ça me permet de me replonger dans la
sociologie des familles africaines. Franco sait tous les petits
problèmes qu'il y a dans les familles, les foyers, les familles
polygames, c'est une matière pour moi. Franco le fait très bien. A
l'époque je snobais un peu tout ça, j'avais autre chose à faire,
et comme j'étais marxiste et que Franco était écouté par les
hommes politiques qui ruinaient le pays, je n'aimais pas mais c'est
quand j'ai quitté le Congo que j'ai réalisé la valeur sociologique
de ces chansons.
J'écoute Dire Straits,
dont 'Brother in Arms'. Peut-être car je suis saturé par la guerre.
J'entends trop parler de guerre autour de moi. .
Et puis j'écoute Radio
Classique, qui invite des économistes, des sociologues mais pas
d'hommes politiques, cela nous évite les éléments de langage.
Ah et surtout, celui que
j'écoute tout le temps depuis 1980. J'écoute Bob Dylan. A mes
étudiants, je leur disais Bob Dylan should be your teacher too. Il
occupe 75 pour cent de ma discothèque ! Il dit que ses chansons
ne sont pas militantes. Et pourtant il a une capacité de disséquer
la nature humaine qui est vraiment phénoménale comme la description
de l'assassinat de JFK. Ses chansons ne vieillissent pas. Ses
chansons sont d'une grande efficacité. Sans jamais dire qu'il fait
de la politique. C'est mon compagnon de route, quelque soit la
chanson.
La musique classique je
l'ai découverte grâce à ma foi. La musique sacrée d'abord,
Haendel jusqu'aux Requiem de Fauré.
Le premier livre que
j'ai essayé d'écrire, c'était des notes compilées depuis mon
séjour au Gabon, j'avais mis énormément de titres de musiques et
ça faisait des notes de bas de pages. Ma femme Patricia m'a dit de
mettre moins de références musicales. Le roman Les Tontons
Frimeurs, évidemment, quand je l'ai écrit, il y avait de la musique
en fond, je ne peux pas écrire sans musique. C'est ce qui explique
pourquoi le lecteur a l'impression d'entendre de la musique tout en
me lisant.
Les Tontons Frimeurs de
Brazzaville, disponible sur Amazon.
S'il n'a pas prévu de tournée à la rentrée, Jann Halexander défend la réédition de ses albums 'Ornithorynque' , 'Halexander Songs' (le tout premier, sorti en 2005), et sera sur scène pour une courte prestation à l'International Art Gallery le 16 septembre, à Paris. Il nous parle de sa playlist du moment.
'Plus personne à Paris' Anne Sylvestre
J'aime les grandes villes. J'ai été à Johannesburg, Tokyo, Francfort, Montréal, Londres...j'aime Paris, même si c'est une ville chère, dure. Et on peut se sentir seul à Paris, parfois. C'est pour ça que j'aime cette chanson d'Anne Sylvestre.
'Loin des grandes villes' Jean-Pierre Réginal
Jean-Pierre Réginal n'est vraiment pas très connu. C'est l'un des derniers représentants de cette chanson à l'ancienne qu'on appelle rive gauche de façon un peu méprisante. Ses chansons sont très bien arrangées, il a travaillé avec François Rauber l'arranger de Jacques Brel. 'Dans les grandes villes', c'est un bijou qui n'a rien à envier aux chansons de Brel ou d'Aznavour.
'Viens j't'appellerais plus' Claudio Zaretti
La meilleure façon d'écouter Claudio Zaretti, c'est en voiture sur la route pendant les vacances. C'est solaire et efficace. Il y a une chanson qu'il ne chante jamais sur scène et c'est l'une de mes préférées, je l'ai beaucoup écouté pendant le confinement, cette chanson date du début des années 80, c'est vraiment de la belle variété. Peut-être certains trouveront ça daté mais je m'en fous.
'Que mon coeur lâche' Mylene Farmer
J'ai découvert Mylene Farmer, j'avais 15 ans, on m'avait prêté un album, le Live à Bercy 1996. Et cette version live de 'Que mon coeur lâche' était hypnotisante, un mélange de rock et de transe, c'était troublant, obsédant. En plus je ne comprenais pas tout. J'ai réécouté récemment cette version avec plaisir.
'Si beau' Vincent Delerm
Des fois j'ai eu des gens qui m'ont dit : comment ça se fait que Vincent Delerm qui chante à peine devant son piano soit beaucoup plus connu que toi ? Je réponds que je n'en sais rien, que ce ne sont pas les mêmes parcours, les mêmes textes et que non je ne suis pas du tout jaloux de ce chanteur, il y a des pépites chez lui, dont la dernière chanson, 'Si Beau', sa façon de parler, la musique, l'atmosphère tellement parisienne. J'aime.
JePH
est le représentant d'une chanson française engagée avec une
touche rock et poétique, il a cette force d'un réaliste optimiste
qui transforme la détresse en espoir. Ancien leader du groupe de
rock festif Tournée Générale, il a sorti son album en solo 'Mon
Pays' en 2020. Ses thèmes ? L'enfance, la solitude, la critique
sociale (rejet de la guerre, du nationalisme, de la société
cruelle), mais toujours avec une lueur d'espoir, de fraternité et
d'amour du vivant.
Il
sera sur la scène des salons de Lord Phoebus le 20 septembre à 19h,
Paris.
Appartement
privé, réservation obligatoire pour avoir l'adresse par mail :
lessalonsdimarose@gmail.com.
Participation 15 euros. Première partie : Charlotte Grenat.
Suivi d'un pot et de dédicaces.
Théâtre de la Clarté, 15/03/2024, Boulogne-Billancourt
Chanteuse, parolière, compositrice hors-pair-e-s, on ne présente plus Charlotte Grenat, dont on fredonne les airs entêtants de 'L' Instant Présent', 'Vertigo' ou encore son irrésistible duo 'Les gens qu'on aime' avec Jann Halexander.
Pour celles et ceux qui souhaitent la voir sur scène, elle sera aux côtés de Jann Halexander justement le 16 septembre à l'International Art Gallery, Paris, et le 20 septembre, elle assure l'ouverture du concert de JePH aux Salons de Lord Phoebus, encore Paris (calmez-vous, les provinciaux, des dates en province ne sauraient tarder).
En attendant, elle a bien voulu nous confier ses goûts musicaux du moment.
« Le manège » de Stanislas.
J'aime tout dans cette chanson. La voix du chanteur, la mélodie, les paroles. C'est beau, joyeux, envoûtant, et tellement positif ! Ça met des images plein la tête et du bonheur dans le cœur. Et puis cela me ramène a des bouts de vie partagés avec ma fille avec laquelle j'ai découvert, écouté, chanté et dansé souvent sur ce titre lorsqu'elle était adolescente...
Le CD « Another day in paradise » de Phil Collins.
Je suis fan depuis des années de Phil Collins. J'aime le chanteur, le batteur, ses mélodie, sa voix, le rythme . J'avais gagné son CD à un concours pendant une émission de radio. Il était sur le point de sortir, et l'animateur en avait juste fait passer un extrait ou on entendait la batterie en demandant de deviner de qui était cet extrait, avec le CD en cadeau à la première personne qui donnerait son nom au tel. J'ai bondi sur le mien, et j'ai crié : Phil Collins ! Et j'ai gagné ! Le bonheur !
« Bouquet final » chanson écrite par Dorian et composée par Etienne Daho et Jean Louis Pierot , interprétée par Vanessa Paradis.
ça groove grave, c'est bien chanté, et ça reste dans la tête. Vanessa Paradis a toujours cette façon très particulière de poser sa voix, un peu citron-mandarine, ce côté fausse innocence assumée et sexy, et elle est toujours bien entourée par de bons auteurs compositeurs. C'est très agréable !
« La fille d'avril » de Voulzy.
J'adore Voulzy. Dans les textes ( très souvent de Souchon) , et dans les musiques. Il y a une douceur, une tendresse dans sa musique qui m'enveloppe, et des mots si simples et doux qui sont au contraire les plus difficiles . D'autant que je suis une fille d'Avril...
Charlotte Grenat, Bordeaux, Théâtre de l'Impromptu, Octobre 2024
Après quelques années d'absence, le chanteur Vincent Ahn a retrouvé le chemin des scènes en 2024 et nous propose un spectacle émouvant sur son adoption, en nous faisant voyager de la Corée du Sud à la France. BUSAN/PARIS sera joué à l'Auguste Théâtre le 9 mars prochain, à 17h, Paris 11.
En attendant, l'artiste nous a parlé de sa playlist du moment.
Depuis un an j'écoute régulièrement l'intérieur des bêtes de Sabine Drabowitch. Je l'ai même prise pour être le générique de fin du spectacle. Quand j'écoute cette chanson ça me fait la même sensation que de lire Roal Dahl ou de regarder un film de Tim Burton.
Un vieux morceau de rap "une princesse est morte" que je réécoute en ce moment du groupe KDD. Vraiment du rap à l'ancienne cette chanson, on dirait un poème.
En hiver je ne sais pas pourquoi j'écoute beaucoup les polonaise de Chopin. Notamment la 53.
Je suis plongé dans la Corée en ce moment et je découvre un peu la musique. J'adore le groupe de rock Jaurim et sa chanteuse Kim Yoon-ah.
En ce moment j'écoute beaucoup Karpatt. Je voulais travailler une de leur chanson, Le fil, pour la reprendre en duo. J'adore cette chanson.